Bernard Barokas

  • La reine Hatshepsout est une des figures les plus extraordinaires de l'Égypte ancienne. Et voilà qu'un savant, le professeur Mancuso, prétend être sur la trace de son fabuleux trésor. Romain Caire, journaliste à Paris-France, est envoyé sur les lieux en grand secret. « Un reportage pour apprenti journaliste », se dit Romain. Mais lorsqu'il découvre la Vallée des Rois, ses temples, ses palais, et qu'il se trouve mêlé à d'étranges événements, Romain sent peser sur lui le souffle de l'aventure et du mystère...

  • Libertin, mythomane et paresseux, le beau Bertram ne mène pas la vie facile à celui qui l'invente, selon les vieilles recettes du roman picaresque, revues et très corrigées. Les personnages, de nos jours, ont de curieuses velléités d'indépendance ; il n'est plus question qu'ils se soumettent sans murmure aux quatre volontés d'un auteur avec lequel ils sont à stylos tirés. C'est ainsi, en passant par la Ville Eternelle et le Parthénon, que Bertram et son compagnon, le hideux Clavicule, mettent à profit les ressources d'un récit batailleur et mirobolant pour contrecarrer tous ses projets. Après avoir surpris les ombres antiques au Forum, dans leurs curieux ébats, échappé au pire des naufrages et détourné un avion avec l'amicale complicité de Monte-Cristo et de Robinson Crusoé, ils finiront par rejoindre la cohorte des héros de romans, réfugiés au centre de la Grande Pyramide. Mais l'asile est moins sûr qu'on ne l'imaginerait pour qui n'a pas la fiction tranquille ; notre malheureux auteur n'est pas au bout de ses peines... !

  • Désinvolte, aventureux, sans patience, le jeune Philippe, héros de l'oiseau saltimbanque quitte sa Toulouse natale sur un coup de tête. Un peu comme Rimbaud, son dieu, a quitté Charleville. Pour se changer d'air et d'amour, histoire de faire connaissance avec Paris la grand-ville. Afin d'assurer sa subsistance, il trouve en Mme Berthe une patronne (de café ; il y est barman) qui aurait pu être une maîtresse, plutôt maternelle. À ses moments perdus, il visite aussi la capitale. Et c'est au cours d'une de ces promenades touristiques qu'il rencontre Cyril, au sommet d'une tour de Notre-Dame. Un drôle de garçon ce Cyril, bizarre, assez sympa , et qui l'emmène chez lui. Il s'ensuit des choses auxquelles Philippe, dans son innocence provinciale n'avait jamais songé. En vérité, se sent-il plus à l'aise avec Marion, qui partage l'existence de Cyril, et ses amis ? C'est une question que Philippe évite soigneusement de se poser... Ainsi commence une vie à plusieurs, fertile en surprise dont le toulousain candide s'accommode avec simplicité. Il est de ceux que rien n'étonne. Entre le café de Mme Berthe, les habitués, les copains et le lit à trois places de ses nuits, Philippe évolue sans filet, les yeux fermés, avec la témérité des inconscients. Il faudra que la nature s'amuse à leur jouer un de ses tours pour que ces tendres gribouilles se réveillent de leurs illusions. Pourtant prévisible, cette vieille farce suffit à détruire en quelques semaines le fragile équilibre de leur bonheur. Le coeur au clou, Philippe n'aura plus qu'à reprendre le train pour Toulouse, les poings dans ses poches crevées , s'apercevant trop tard qu'il a oublié son Rimbaud. Il jure qu'on ne l'y reprendra plus. Jusqu'à la prochaine fois.Dès son premier roman, paru l'an dernier, le talent agressif de Bernard Barokas s'est imposé comme une évidence. Celui-ci confirme les espoirs et les assure. Et toujours point de littérature chez cet écrivain de vingt-trois ans : la force vive d'un portrait ou une génération toute entière peut se reconnaître à l'état de nature.

  • Chronique d'un amour ? Histoire d'une rupture ? Ces formules rendent un son bien convenable, bien classique, pour ce morceau de littérature sauvage que nous offre pour ses débuts le très jeune Bernard Barokas. Il s'agit d'amour, oui, il ne s'agit même que de cela. Mais quel ton nouveau pour parler de sentiments si vieux ! Le ton de la jeunesse d'aujourd'hui, pratiquant peu les livres, mais prête à vivre à fond, sans la protection justement du beau langage et des bonnes manières.Entre Philippe, le narrateur, et tantôt Dominique, tantôt Claude, plus quelques comparses, à Toulouse et à Bayonne, entre les bagnoles et la came, la passion br-le à toute vitesse. Ces garçons et ces filles aiment, souffrent, se quittent, se retrouvent et se requittent avec un instinct aigu de leur plaisir et un sentiment poignant de sa précarité. Il semble, d'après ce livre, que l'amour aujourd'hui se consomme dans l'instant, sans espoir ni recherche d'avenir, sans le souci de durer, de construire. Précieux témoignage, à n'en pas douter, et d'autant plus convaincant qu'exprimé dans la langue verte des bars, des routes et des copains.Et pourtant, rien de plus romantique en même temps que les méditations de Philippe sur son destin. Ce héros sans passé littéraire rejoint à son insu l'éternelle protestation des hommes contre l'absurdité de leur sort, le mal d'aimer, le mal de vivre. Coups de gueule au lieu de subtiles analyses : voilà un jeune écrivain qui a fait l'expérience des passions avant celle de la littérature, et qui donne un livre vrai, tumultueux, écorché, agressif.

empty