Christophe Manon

  • Tout est vanité et pâture de vent, dit l'Ecclésiaste.
    Rien de nouveau sous le soleil, toujours la même histoire, la même rengaine, le même drame qui se joue. Toujours la stupeur de vivre, la mort, l'amour, la toute-puissance du désir, la fulgu- rance de l'instant, l'immanence des présences, la joie et le désarroi, la grandeur et les faiblesses du coeur humain, la folle sarabande des terreurs enfantines, la présence des fantômes, la détresse et l'espoir, la rage et la fureur toujours tenaces malgré l'écoulement irrépressible du temps, la conviction quasi inébranlable enfin que la lecture et l'écriture sont les seuls recours qui vaillent (pour le narrateur du moins).
    Pâture de vent est un chant d'amour halluciné, une sorte de danse macabre fiévreuse et envoû- tante ponctuée d'éclats lumineux et de moments de grâce. On y croisera les figures du grand-père, de la mère, du petit frère mort-né, d'un ancêtre rital exilé devenu président, et bien d'autres encore. On y entendra aussi, nécessairement, la voix des morts, faisant choeur avec celle des vivants, pour tenter modestement de rendre justice à l'intensité des événements et, peut-être, d'attester de frêles épiphanies.

  • Testament

    Christophe Manon

    Christophe Manon, insolemment comme il se doit et savamment tout autant, titube dans les enjambées de François Villon dont il traduit et récrit le Testament, tout en même temps. (...)De Villon, Manon réanime pas loin d'exactement et la lettre et tout l'esprit, tout en demeurant Manon jusqu'au fond des strophes et bout des ongles. Du premier lèvent ici toujours la pâte et la vigueur, la rythmique étrange, quelques secrets, une féerie d'insultes, un coeur battant. Du second nous retrouvons nombre d'obsessions, à savoir le politique et l'intime, la satire, le goût des sarabandes et des confessions carnavalesques. Pour les confondre, on les confond, en langue d'aujourd'hui, d'usine, de livre ou de bistrot, le frère Villon, le frère Manon, cancres géniaux, en un seul legs pour deux vauriens. Florian Caschera

  • D'énigmatiques annotations au dos de photos défraîchies d'aïeuls oubliés, des souvenirs disparates et diffus, la saga d'un théâtre ambulant, un petit hameau perdu au coeur d'une campagne ingrate et inhospitalière, deux vieilles femmes, des filles et des garçons, un bureau, un grenier, un side-car, des tractions avant et des Fiat 500, une tribu de Ritals, un enterrement, des drogues et des bars de nuit, toute l'immensité des détresses enfantines, des étreintes ardentes, sauvages, passionnées, exaltées, enflammées et cependant d'une douceur presque insoutenable, des destins d'hommes comme tous les hommes, un maelström de voix, de paroles, de visages, de corps, d'objets, de fantômes bavards et dignes, de spectres authentiques, de respectables revenants, la vie, la mort, l'avenir incertain, la fuite inexplicable du temps, le chagrin, le néant, l'amour naturellement.
    À la fois exploration de la mémoire et enquête familiale, ce récit composé d'une succession haletante de scènes fondatrices nous livre le tableau d'une sensibilité qui s'éveille et s'ouvre au monde.
    Un hommage rendu aux morts et aux mots qui sauvent, à la mémoire, au papier tue-mouche, au tabac Caporal, à l'Encyclopédie autodidactique Quillet.

  • Au nord du futur (qui prend son titre d'après une citation de Paul Celan) est composé de trois « chapitres » ou trois « temps » qui se complètent, se font écho, s'articulent, faisant ainsi, en quelque sorte, une composition au sens musical du terme. Au nord du futur revisite les traces d'un passé commun douloureux à partir d'un point d'énonciation situé dans le futur. L'objectif de cette entreprise est de réinvestir la pensée utopique à travers une forme d'écriture qui traduise les enjeux du monde contemporain. Au terme d'un parcours à travers les égarements historiques du siècle précédent, l'ambition de ces textes est de proposer une vision de l'espèce non dénuée d'espoir, mais qui en souligne la fragilité et qui tient compte avec lucidité des échecs passés.
    Ce livre est également une expérience de « poésie conversationnelle et méditative », avec son souci de transparence, de vivacité, de clarté et de netteté. Le texte s'adresse à un « tu », non identifié et variable, incluant le lecteur.

  • Univerciel

    Christophe Manon

    • Nous
    • 17 Septembre 2009

    Univerciel est un poème d'anticipation écrit sous forme de versets. Ceux-ci procèdent par retour régulier de certaines cellules rythmiques, syntaxiques ou syllabiques. L'usage du verset met en oeuvre des propriétés incantatoires proche de la scansion qui sont particulièrement appropriées au fait qu'il s'agit ici d'une adresse fictive, d'un discours imaginaire où le poétique et le politique sont étroitement mêlés, notamment à travers les slogans rédigés en lettres petites capitales.
    Ce texte fait partie d'un cycle intitulé Victoires sur les ténèbres comportant à ce jour trois volumes publiés : l'éternité, Fiat lux et Victoires sur les ténèbres, chacun pouvant se lire indépendamment. Bien que formellement très différentes, ces expériences d'écriture mettent en place un univers, une langue et un imaginaire où le fantastique, le cosmique et le politique, l'homme, l'animal et la nature sont indissolublement liés dans un destin commun.
    L'objectif d'Univerciel est de réinvestir la pensée utopique à travers une forme d'écriture poétique qui traduise les enjeux du monde contemporain. Dans une époque où prévaut la fin des idéaux, l'ambition de ce poème est de proposer une vision de l'homme non dénuée d'espoir, qui tienne compte avec lucidité des grands échecs politiques du siècle passé.

  • Livre qui énonce et dénonce les oppressions (travail, mort, douleur) dont sont victimes la langue, la mémoire, le corps, qu'il faut se réapproprier. Ce désir à l'oeuvre, qui constitue l'être, est aussi recherche poétique.

  • François Villon est considéré par le Romantisme comme le précurseur des poètes maudits. Reprenant cette figure tutélaire, s'inscrivant dans ses pas, Christophe Manon créer un « memento mori » des temps modernes : Un poète se meurt. Il fait le bilan de sa vie de débauche (femmes, alcool.) et fait des legs à ses amis, d'objets emblématiques de son existence. L'occasion aussi de régler ses comptes avec ses faux amis...

    Cela lui permet de constituer une sorte d'autofiction en portrait chinois : on ne sais plus vraiment ce qui appartient à la vie de Villon et à celle de Manon - une manière très subtile de réinventer le genre. La forme en vers libres est entêtante et permet d'outrer les postures. Christophe Manon crée une langue très simple à lire quoique versifiée.

    Enfin, c'est également un portrait d'époque, un roman en vers générationnel, avec les doutes des trentenaires, leurs errances, leurs joies, et une caricature (pas méchante mais très bien tournée) des artistes de tous poils...

  • Provisoires Nouv.

  • Jules et Romane se connaissent grâce à Nina. Celle-ci a fugué avec le premier sans le dire à la seconde, sa meilleure amie. Tous les deux se retrouvent à Paris, la Sorbonne, en sociologie. Ils décident de mener une étude ensemble sur les SDF et les gens de la rue. Mais alors que Romane souhaite les aider à travers les institutions et les associations, Jules décide de vivre parmi eux afin d'agir sur le terrain. Ce n'est pas la première fois qu'il choisit de se mettre en danger...

  • Bouleversée, Nina quitte le domicile familial et jette ses clés dans une bouche d'égout... Quelques mois plus tard, son frère Clément se met à sa recherche. De Lacanau à Bordeaux puis Paris, il découvre la raison de sa fuite, ces " vagues " qui l'ont submergée, l'obligeant à tout quitter.

  • Potagers et jardins d'utilite en région Centre-Val de Loire Nouv.

    Fruit de la collaboration entre chercheurs et photographes de l?Inventaire général de la Région Centre-Val de Loire, cet ouvrage propose un aperçu de la diversité des jardins d?utilité dans le Val de Loire et ailleurs en région : jardins potagers, jardins fruitiers, jardins fleuristes, jardins de plantes médicinales, jardins familiaux? Ces sites présentent toujours un intérêt patrimonial, qu?il soit historique ou contemporain.
    Ce recueil des photographies commentées par des historiens des jardins donne à voir la composition du jardin et son architecture, l?importance du sol, de l?eau, des techniques culturales parfois anciennes et en filigrane le travail du jardinier. Images et textes offrent un regard original sur une cinquantaine de sites, des jardins les plus reconnus (Jardins de Villandry, jardins médiévaux du prieuré Notre Dame d?Orsan?) aux plus confidentiels.
    Cette promenade photographique au c?ur de jardins enchanteurs, gourmands et colorés est complétée par une sélection de clichés issus du plus important fonds photographique professionnel consacré au patrimoine en région Centre-Val de Loire, de plans anciens et de planches botaniques. Le poète Christophe Manon, invité de cette édition, apporte son regard sensible et mélancolique sur le monde du jardin. Avec la collaboration de l?association des Parcs et Jardins en région Centre-Val de Loire.

  • Les jours redoutables désignent une période considérée comme particulièrement propice au repentir, alors même que l'humanité est en instance de jugement devant Dieu. Christophe Manon alterne ici prose et poèmes fragmentés, découpés par sa prosodie, où ces chants égrènent moments de joie éphémères, plaisirs, défaites, en un Mémento Mori délicatement sombre mais résolument épris de la vie, si courte et vulnérable. Les photographies de Frédéric D. Oberland prêtent leur grain sensuel comme une invitation au voyage. Il capture étreintes et paysages comme de mystérieuses épiphanies, lumineuses et contrastées, qui célèbrent la rencontre et la fraternité.

  • Une sorte de noce entre deux générations. Le lecteur distinguera difficilement qui a écrit quoi. Il s'agit d'une lutte contre la mort transformée en Mamort, sorte de monstre protéiforme, parfois dur et parfois tendre. Face à la Mamort, les deux auteurs mêlent révolte, colère, douceur mélancolique (et humoristique) de l'abandon. Mais cette lutte ne relève jamais de l'amertume ou du désespoir et s'achève plutôt sur une "réconciliation".

  • Ici la plupart des textes décrivent l'état de servitude, et plutôt du peuple que du "face- à-face" individuel maître-esclave, dans le couple, ou avec un patron. Nous avons choisi d'aller dans la sens de l'aliénation volontaire et sombre que La Boétie fut le premier à dévoiler dans la servitude volontaire, le ContrÕUnÈ que Montaigne publia. Mort à 33 ans il n'a pas eu le temps de continuer. La Boétie anarchiste ? Pas si loin ! Nous ouvrons ces pages à des inédits, qu'on dira ludiques, de Jean-Claude Pirotte, retrouvés écrits à la main en nos tiroirs !
    Les autres dossiers : l'un donne la voi(e)x à un auteur marseillais, Jérôme Bertin : après traducteurs, directeurs de revues et une libraire, nous continuons à faire le tour de tout ce qui fait la "chaîne".
    Nous n'avions pas encore honoré Pierre Courtaud, éditeur de LA MAIN COURANTE, emporté en 2010 par le diabète, maladie qui nous empêchait de le rencontrer hors de chez lui. Il était aussi auteur (notamment à ses éditions et à l'Atelier de l'agneau) et traducteur du chinois, de l'anglais, surtout de son "grand amour"(sic) Gertrude Stein (lisez aussi sa traduction dans le n°9). Une nouvelle rubrique, TRIBUNE, s'entretient du VERS avec IVAR CH'VAVAR et sera ouverte à qui veut lui répondre et/ou examiner un point de vue particulier et unique en POESIE.

    CRITIQUE, Franoise Favretto, Jean Esponde, Régis Nivelle, Jean Azarel

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