Christophe Tostain

  • « C'est l'histoire de Roseline, une enfant de presque dix ans. De sa petite vie paisible, Roseline n'est pas satisfaite car elle vit avec un gros souci : elle est dotée d'une voix de cochon.

    En effet, le moindre son issu de sa bouche pique le creux de votre oreille comme une méchante ortie, fait sonner vos tympans comme une cloche d'église et traverse la boîte de votre crâne comme un troupeau de cochons ayant mangé du jambon.

    Alors un soir, une bonne fois pour toute, elle décide d'enfermer sa voix dans un endroit SECRET et de ne plus JAMAIS PARLER.

    De la voir devenue si muette, ses parents s'inquiètent. Même les médecins n'y comprennent rien. Pourtant, durant le jour, Roseline vit vraiment mieux ainsi, et la nuit, dans la chambre de son silence, elle rêve de chanter comme les divas célestes qu'elle écoute en cachette sur les vieux disques de son papa. Mais, une nuit de neige, le vieux gros chêne du square situé devant la fenêtre de sa chambre devient le théâtre d'événements très étranges... » CT Cette pièce tout en finesse, subtile et tendre, parle de la solitude, du handicap, et du rapport aux autres.
    A travers le silence choisi de l'enfant, d'autres mondes s'ouvrent : l'imaginaire bien sûr, le langage des signes, mais aussi la musique (jazz, classique, traditionnelle, contemporaine) et les différents usages de la voix.
    Une pièce sur la formation et la tolérance.

  • Anton vit avec Léna, sa femme, institutrice, et Boris, son fils, étudiant, dans le Petit Village, à quelques kilomètres de la Grande Ville. Boris sort avec Alice, la fille de Madame la Maire, une amie de Léna. Ils font partie de la classe moyenne d'Europe occidentale, pourvue de biens et de travail. Quand, devant la maison d'Anton, un lotissement se construit, lui coupant la vue sur le paysage vallonné, Anton sent son univers basculé.
    Il observe ceux qui s'installent - des étrangers semble-t-il. Sa femme cherche à organiser un voyage scolaire à Auschwitz, Boris et Alice à organiser un Ciné-Drive et lui, Anton, craint un licenciement. Incidemment, il se laisse séduire par les discours d'extrême droite et, comme investi d'une mission, se présente avec le soutien de son parti aux élections municipales face à Madame la Maire... La pièce démonte les mécanismes insidieux qui peu à peu amènent un individu à faire siennes des idées extrémistes et racistes.
    Elle dénonce les abandons successifs des pouvoirs en place, des lâchetés et des égoïsmes quotidiens. Et s'interroge : de quelles armes disposons-nous pour lutter contre ces discours et ces dérives ?

  • Un homme se réveille dans une chambre qui n'est pas la sienne. Sur le lit, un corps de femme. Elle semble dormir. Il lui parle mais n'attend - n'obtient - aucune réponse. Puisqu'elle est morte.

    Histoire de chair, comme les collages de Jean Dubuffet, reconstruit les faits éclatés qui ont abouti à cette situation. Les courts fragments dont la forme emprunte à différents registres sont les reflets de la violence du monde.

  • Evoquant la fin du monde ouvrier, Lamineurs traite de la perte des repères des individus dans une société dont l'omniprésence aliène la personne. Il ne s'agit pas d'une pièce réaliste. Lamineurs intègre des éléments oniriques et poétiques, et distancie son propos par le mode même de son écriture. Outre une « voix » de propagande, la pièce comporte trois personnages : le père, devenu socialement inutile et enfermé dans le passé, avant de devenir le propre bourreau de son humanité ; la mère, obsédée par certains détails quotidiens ; et la fille qui rêve, avec une révolte sous-jacente.

  • Suzie et Micka, la mère et le fils, habitent la Cité Blanche, en bordure de mer.

    Suzie partage son temps entre son travail d'employée et la lecture dans laquelle elle enfouit sa solitude et ses rêves du passé, celui d'avant la fermeture de l'Usine, quand son mari était encore là.

    Micka, lui, va de petits boulots en petits boulots, désoeuvré, désemparé devant ce que l'on semble attendre de lui. Il veut goûter à une autre vie, celle qu'il aperçoit à l'autre bout du pont, dans la ville d'à côté, où miroitent les lumières du casino, des machines à sous, de l'argent qui circule.

    La pièce est écrite et créée dans le cadre du projet Itinérances proposé par Eric Louviot, directeur du Tanit théâtre à Lisieux (14) à quatre auteurs : outre Christophe Tostain, Bruno Allain, Eugène Durif, Serge Valletti.

  • Au bord du périph', il y a un centre commercial : un Super. F. y travaille depuis 20 ans. Elle est caissière. Elle est même la meilleure employée. F. aime ses collègues, son métier, elle respecte sa direction. Tout en travaillant, elle s'échappe dans un nuage de pensées sans quitter la réalité - F. accomplit les gestes nécessaires, sait se montrer accueillante auprès du client. A la maison, son mari, ancien cadre du Super, reste seul.
    Il vivote. Mais à l'approche des fêtes de Noël, le Super va se transformer en Hyper. Tout va changer : nouvelle caisse, nouveaux collègues, et surtout, comme en rêve la Direction, nouvelle organisation du travail...

  • Hors zones Nouv.

    Dans le futur, le monde est divisé. Il y a ceux qui vivent dans La Sphère, sous haute protection, et il y a les autres, qui survivent et subissent, comme Eden, Fanée et Minus, trois frères et soeurs inséparables.
    Depuis des jours et des nuits, malgré la fatigue, les trois enfants marchent. Ils progressent sur une route déserte sans savoir où ils vont. Ils ont fui la guerre où ils ont tout perdu et faire demi-tour leur est impossible.
    Pourtant, malgré l'errance sur cette route qui n'offre aucun horizon, ils vont grandir et vivre avec les souvenirs, continuer à avancer malgré ou grâce aux rencontres... Jusqu'où ? Jusqu'à quels rêves ? Quelle liberté ?

  • Poèmes portatifs, portraits de voyageurs, récits de vies hors normes, guides de voyage imaginaires, descriptions de territoires et de populations extraterrestres... Ce second volume collectif rassemble en 128 pages les textes de quelques 227 écoliers et collégiens de l'académie de Caen.

    Ces formes multiples ont été élaborées en classe sous la conduite de trois auteurs accueillis en résidence de création à l'IMEC : Frédéric Forte, Sophie Képès et Christophe Tostain. Au fil des séances, le goût de l'écriture s'est affirmé, avec inventivité et sérieux, dans des recherches personnelles ou en groupe, du premier jet jusqu'au livre ici publié.

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