Dominique Desanti

  • 1925-1935, les années folles à Paris. Jazz, radio, cinéma...
    L'effervescence est partout. Et surtout à la Bourse : c'est le grand boom du crédit et des entreprises florissantes. C'est dans ce contexte que Marthe Hanau, fille de merciers pa- risiens, fonde en 1925 La Gazette du franc, journal qui pro- digue des conseils aux épargnants en mêlant banque et po- litique. Elle crée une agence qui propose, par un montage en réalité illégal, de décupler les intérêts des souscripteurs.
    Succès immédiat pour cette surprenante « femme ban- quier», qui vit désormais de luxe, voyages et réceptions. Elle est devenue l'une des femmes les plus admirées et le tout Paris commente ses amours bisexuelles.
    Mais son succès inquiète ses rivaux et en 1928, c'est la chute. Le scandale de ses crédits fictifs est révélé et elle est rapidement écrouée pour escroquerie. Procès, prison, elle est traînée dans la boue. Elle luttera jusque dans sa cellule, avant de mettre fin à ses jours la veille de sa libération.
    Être complexe et exalté, Marthe Hanau est le miroir de toute une société. Elle a cotoyé les plus grands de son époque, mais a surtout été la première femme banquière, PDG et directrice de journal. Aujourd'hui encore, le destin de celle qui fut incarnée sur grand écran par Romy Schneider est hors du commun.

  • Le roman de Marina

    Dominique Desanti

    • Arlea
    • 1 Octobre 2009

    Evocation de la poétesse russe Marina Tsvetaeva (1892-1941). Ayant suivi son mari Serge Efron en exil à Berlin, Prague et Paris, elle devient une figure de la vie littéraire et fréquente Pasternak, Rilke, etc. Elle est de retour en URSS en 1939, mais quand son mari est arrêté et condamné elle se suicide. Prix Femina de l'essai en 1994.

  • Karin Müller a choisi de dialoguer avec Dominique Desanti sur Sacha Guitry, ses ambiguïtés et la fascination qu'il a exercée auprès des hommes et des femmes tout au long de sa vie.

    Comment expliquer les cinquante années de succès, auxquelles l'arrestation à la Libération et les critiques de ses détracteurs n'ont pu mettre un terme ? Comment expliquer qu'un auteur-acteur, qui ne jouait que ses propres pièces et sut conquérir plusieurs générations de spectateurs, soit resté aussi imperméable aux bouleversements politiques et aux évolutions de l'art dramatique ?

    Le dialogue révèle en fait deux grandes passions : son « adorable père » - Lucien Guitry, acteur célèbre - malgré treize années de brouille - et le théâtre.

    /> Quant à ses cinq épouses et à ses nombreuses liaisons, Dominique Desanti, qui en a fréquenté deux : Yvonne Printemps (le Rossignol) et surtout Jacqueline Delubac, nous mène, grâce à leurs confidences, à travers les méandres de son coeur. et de son corps.

    Un festin de sachades et de guitryvaudages, assaisonnés d'acide guitryque.

  • Sacha guitry

    Dominique Desanti

    Sacha Guitry a incarné pour la France, l'Europe et l'Amérique, le spectacle parisien. Lié par son père, Lucien Guitry, à Sarah Bernhardt, Jules Renard, Alfred Capus, Tristan Bernard et tant d'autres, il vécut dès son enfance dans le monde du théâtre et des lettres. Son ambition fut d'être plus que son père, à la fois créateur et acteur : Molière au lieu de Lucien Guitry. Sa joie fut de faire jouer ce dernier dans ses propres pièces. Ses succès et ses mariages sont liés les uns aux autres : {Faisons un rêve}, en 1916, marque la fin de son union avec Charlotte Lysès ; {Mon père avait raison}, en 1920, voit réunis autour de Sacha les deux êtres qu'il a sans doute le plus aimés : Lucien Guitry et Yvonne Printemps qui restera son interprète et sa compagne jusqu'en 1932. Avec Jacqueline Delubac, Geneviève Guitry et Lana Marconi, l'existence et le spectacle ont continué à se mêler. On a longtemps cru que son oeuvre considérable était datée, marquée par une certaine comédie douce-amère de l'entre-deux-guerres. On reconnaît aujourd'hui la modernité de son inspiration. Et on finit par se demander si Sacha Guitry n'a pas compris ce qu'est l'essence même du spectacle... qui ne se réduit jamais à la vie dans sa grisaille et sa quotidienneté. Beaucoup de livres de souvenirs sont parus sur Sacha Guitry. C'est la première fois que paraît une biographie objective et exhaustive. Dominique Desanti l'a écrite avec le souci de l'exactitude, et le talent d'écriture qui ont assuré le succès récent de son {Drieu La Rochelle}.

  • Pourquoi vous avoir choisi, vous, monsieur Vladimir Nabokov ? A cause de votre histoire, symbole des tribulations du premier demi-siècle ? A cause de votre oeuvre en langues - jusqu'à trente ans en russe, et ensuite en anglais.
    Parce que vous êtes sans traduction un romancier russe et un romancier américain ?
    J'ignore si des raisons aussi raisonnables font relire, annoter, décortiquer, citer, relire encore une oeuvre entière... Et pourquoi écrire sur votre vie alors que vous détestiez les biographies ? La biographie, le plus bas des genres !
    A présent, vous êtes devenu ce que vous avez écrit, en y ajoutant ce qui on écrit sur vous.
    On peut, j'espère, faire s'envoler les papillons du mythe pour tenter de vous trouver. Au fond des mots ? Ou sous les mots ?

  • J'ai rencontré Robert Desnos en 1938 et je l'ai revu régulièrement jusqu'à son arrestation par la Gestapo, le 22 février 1944.
    Je l'admirais et nous étions complices.
    À vingt ans, Robert Desnos rejoint le groupe surréaliste encore nommé Dada, fondé par André Breton, Louis Aragon, Philippe Soupault, Paul Eluard, Tristan Tzara ainsi que Benjamin Péret, René Crevel et tous les autres. Rebelles aux massacres de la Grande Guerre, les dadaïstes veulent la révolution des moeurs et de toutes les expressions de l'art, de l'écriture, de la sensibilité.
    Robert Desnos devient le centre et le médium de leur descente aux abysses du langage et participe aux " Grands Sommeils ".
    Hypnose vraie ou délires simulés ? " Qu'importe, dira Desnos. Ce que nous avons vécu seul compte, et les traces qui en demeurent. " Adorateur des rythmes et des voix, Robert Desnos s'éprend d'amour inassouvi pour Yvonne George, l'" Étoile ", tragédienne de la chanson qui mourra en 1930. En 1928, il rencontre le second visage de son unique amour : Youki Foujita, la " Sirène ". Passion tumultueuse qui durera jusqu'à la mort de Robert dans un camp nazi en 1945.
    " Ce coeur qui haïssait la guerre " était un fou de liberté qui a mené dans le Paris de l'Occupation une double vie de poète résistant et de journaliste exposé à la censure hitlérienne.
    À la façon des pianistes virtuoses, Dominique Desanti joue la partition ou les variations sur Robert Desnos, mêle l'oeuvre à la vie, leurs rencontres, les confidences du poète aux témoignages des amis qui lui ont survécu.

  • Flora Tristan (1803-1844) grand-mère de Paul Gauguin, semble imaginée par un écrivain romantique. Belle, illégitime, aristocratique mais misérable, mal mariée en un temps sans divorce, épouse fugitive et mère déchirée, sa vie est un roman d'aventures. Jamais d'argent, tous les métiers ; des voyages pleins d'orages, de découvertes, d'amours malheureuses ; son mari, alcoolique et jaloux, tente de la tuer. Ces pérégrinations la poussent à écrire des manifestes pour la cause des femmes.
    Longtemps incomprise, Flora Tristan est aujourd'hui considérée comme l'une des grandes figures du féminisme.

    Dominique Desanti, historienne, romancière, journaliste, a toujours aimé ressusciter des personnages témoins, des personnages clefs de leur temps : Marthe Hanau, la banquière des années folles (1968), Drieu La Rochelle, le séducteur mystifié (1978) et Daniel, ou le visage secret d'une comtesse romantique, Marie d'Agoult (1980), Vladimir Nabokov (1994), Robert Desnos, le roman d'une vie (1999), etc..

  • Fille d'un émigré russe ami de Georges Clemenceau, Dominique Desanti a côtoyé très tôt l'intelligentsia de la France d'avant et d'après guerre. Elle a fréquenté Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir et s'est engagée dans la Résistance dès les premières heures. Puis, après la guerre, elle succombe avec le philosophe Jean-Toussaint Desanti à une passion déchirante, aveugle et destructrice : le communisme au temps du stalinisme. Viendra ensuite le temps de la rupture, mais pas celui de la fin des engagements : la décolonisation, le féminisme la verront en première ligne. Durant toutes ces années, elle côtoie Malraux, Picasso, Eluard, Aragon, Joliot-Curie, Duras, Lacan, Foucault, Althusser.
    Ce livre est moins un témoignage nostalgique du passé, que le récit d'une vie rebelle à l'ordre injuste des choses. Dominique Desanti conclut : « Pour la vieille dame «indigne» que je suis, rester soi, c'est ne jamais se résigner. »

  • Le roman de Dominique Desanti se déroule entre 1951 et 1956. Son héroïne, Geny André, monteuse de cinéma, mais surtout militante communiste, traverse, avec quelques camarades, les événements et les crises de conscience qui ont bouleversé au cours de ces années tous les intellectuels d'extrême-gauche. Mais, résumer aussi sèchement ce livre, ce serait faire bon marché de l'extraordinaire foisonnement romanesque qui l'anime : par des retours en arrière, des voyages, des morceaux de véritables reportages , c'est toute l'histoire de la gauche en Europe, de l'occupation allemande à la veille de l'insurrection de Budapest, que retrace magistralement ce roman-fresque.Et puis, parce que son héroïne est comme elle une femme, Dominique Desanti a pu donner à son anecdote un frémissement, une vie qui ne sont pas seulement du domaine de l'histoire et de la politique. Les grands sentiments, roman d'un certain moment de l'histoire, est aussi un admirable portrait de femme. Autour de Geny les figures d'hommes passent, se groupent, se fixent, et dessinent, en même temps que des aventures amoureuses et un itinéraire idéologique, l'histoire totale d'une femme engagée entièrement dans les drames d'aujourd'hui, qui conquiert difficilement ses deux libertés, ses deux maturités. Des voyages dans les Démocraties populaires, un procès de Moscou version 1953, les manifestations de mai 1952 à Paris, le complot des pigeons , une séance du Comité central : le roman de Dominique Desanti déroule son film dans ces décors extraordinaires.On va sans doute reconnaître, dans ce premier roman qui est aussi un témoignage important, une réussite éclatante.

  • Comment expliquer les cinquante années de succès - que l'arrestation à la Libération et les critiques de ses détracteurs - n'ont pu rompre ? Comment expliquer aussi qu'un auteur-acteur, ne jouant que ses propres pièces - et qui sut conquérir plusieurs générations de spectateurs - soit resté imperméable aux bouleversements politiques ainsi qu'aux transformations de l'art dramatique ?
    Le dialogue entre Dominique Desanti et Karin Müller révèle les deux grandes passions de Sacha : son « adorable père », Lucien Guitry, acteur célèbre, et le théâtre. Quant à ses cinq épouses et ses liaisons, Dominique Desanti, ayant fréquenté Yvonne Printemps (le « Rossignol ») et surtout Jacqueline Delubac, elle nous mène, grâce à leurs confidences, à travers les méandres du coeur de Guitry.
    Un festin de sachades et de guitryvaudages, assaisonnés d'acide guitryque. Dominique Desanti, amie de deux de ses cinq épouses, nous présente un Sacha Guitry toujours en ébullition et en représentation, adorant les femmes et les bons mots, ne vivant que par et pour le théâtre et ses coulisses, le public et ses applaudissements, et néanmoins mille fois moins superficiel que sa légende le laisse supposer.

  • Rue campagne premiere

    Dominique Desanti

    • Lattes
    • 21 Janvier 1987

    Lorsqu'elle se réfugie à Paris, rue Campagne-Première, Linda n'a que vingt ans, mais déjà tout un passé. Adolescente, cette aristocrate franco-allemande a vécu un amour fou avec un communiste international arrêté ensuite par Hitler.


    Dans le Montparnasse de 1935, Linda, légère et passionnée, ardente mais lucide s'éprend d'un jeune et brillant avocat, Antoine Adrien, ami de Gide, de Malraux et des Surréalistes. Des mois d'un bonheur insolite, rythmés par les tempêtes de l'époque, les secrets d'un voyage à Berlin, les plaisirs de la liberté. Linda, pourtant, ne voit pas le mystère qui tourmente Antoine...


    Reporter international, universitaire et historienne (Flora Tristan, Drieu La Rochelle, La Banquière des Années folles, etc.)Dominique Desanti est aussi romancière. Rue Campagne-Première est son cinquième roman.

  • Les aragonautes

    Dominique Desanti

    Par comparaison aux Argonautes, ces hros mythiques qui s'embarqurent pour conqurir la Toison d'or, et aux astronautes qui s'embarquent pour le Cosmos, Dominique Desanti a cr le terme d'aragonautes. Qui sont ces hommes et femmes que Louis Aragon, par sduction ou par position de pouvoir, entrana sa suite ?

  • À trente ans, Vic a la sensation de passer à côté d'elle-même. Elle a vécu 1968 et l'après-1968 avec Chris, Serge et tous leurs camarades sans jamais s'installer dans une demeure ou une profession. Elle a un fils de trois ans, dont elle n'a jamais voulu dire qui était le père : Chris ou Serge. Ma paternité, dit-elle toujours, commence après la naissance. Pour reprendre racines, Vic part sur les traces de son propre père, Aurélien Pontavy, un ethnologue nomade, mort il y a douze ans, et qui a fasciné son enfance. Elle découvre ses plus anciens amis, sa seconde femme, une prophétesse africaine, et d'autres personnages étranges à la recherche de leur voie.Le thème de la paternité court tout au long de ce roman foisonnant où, cherchant le disparu qui la hante, Vic se trouve mêlée aux rescapés des sectes, à ceux qui pratiquent l'hypnose et à ce quart monde qui bouillonne au fond de Paris. Au travers de tous les destins qu'elle aura croisés, Vic sera finalement capable d'inventer sa propre vie.Dominique Desanti a écrit des biographies célèbres comme Drieu La Rochelle, ou le séducteur mystifié, la Banquière des années folles, Flora Tristan, plusieurs romans, dont le dernier Personne ne se ressemble a été l'objet d'éloges unanimes. Le Chemin du père est son oeuvre la plus attachante et la plus accomplie, par la richesse de son récit et la qualité de son écriture.

  • S´il peut être admis que l´histoire nous réserve des années privilégiées, 1947, « l´année terrible », selon le mot du général de Gaulle, mérite incontestablement d´y figurer.
    1947 : à peine les alliés ont-ils mis un terme à leur confrontation avec les États totalitaires, que la discorde s´installe entre les vainqueurs d´hier. Le général Marshall lance son plan de redressement économique de l´Europe qui commence à relever ses ruines, mais les pays de l´Est le rejettent. La guerre froide s´installe, le Kominform naît des cendres du Komintern. En France, mais également en Italie, des grèves éclatent, souvent violentes, parfois dramatiques, en tout cas les plus « dures » de notre histoire sociale ; la C.G.T. se scinde ; les communistes quittent le gouvernement ; les gaullistes regroupés dans le R.P.F. organisent leur opposition à la IVe République.
    1947 : en Indochine la guerre succède à la guérilla ; en Afrique du Nord, c´est l´éveil du nationalisme, à Madagascar, la répression : la France est confrontée aux prémisses de ses drames coloniaux.
    1947 : tandis que l´Inde accède à l´indépendance et que l´Angleterre perd son rang de puissance mondiale, l´O.N.U. vote la partition de la Palestine en deux États, l´un juif, l´autre arabe...
    De ces mois passionnés et passionnants, Dominique Desanti, l´un des meilleurs spécialistes de l´histoire du « monde communiste », auteur notamment des Staliniens, fut, comme journaliste, l´un des témoins privilégiés ; son récit nous conduit à des sources peu connues ou inédites.
    1947 : une année d´histoire qui éclaire d´une lumière vive notre actualité.

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