Eric Dupin

  • Bien plus de Français qu'on ne l'imagine vivent déjà selon une échelle des valeurs différente de celle qu'impose la société actuelle. Plus ou moins radicalement, ils se sont détachés du modèle productiviste et consumériste et expérimentent dans des domaines fort divers. Certains, souvent en rupture franche avec la société, vivent dans des yourtes ou dans des « habitats légers ». D'autres sont des « alterentrepreneurs » qui se fraient un chemin exigeant dans l'économie de marché. Et le champ des expérimentations est vaste : agriculture paysanne et circuits de proximité, écovillages et habitats partagés, renouveau coopératif et solidarité inventive, éducation populaire et écoles alternatives.
    C'est cette richesse et cette diversité que révèle ce livre, fruit d'une vaste enquête conduite pendant près de deux ans dans une dizaine de régions. L'auteur a recueilli de très nombreux témoignages des acteurs de ce mouvement social invisible, souvent surprenants, toujours passionnants. L'ouvrage s'interroge enfin sur le sens de ce fourmillement d'initiatives. Le changement social peut-il naître de l'essaimage d'alternatives locales ? Et, au-delà de la convergence vers des valeurs écologiques et sociales qui caractérisent cette mouvance, comment définir la postmodernité à laquelle de plus en plus de gens aspirent ?

  • L'obsession de l'identité taraude une France bousculée par la crise et la mondialisation sur fond d'immigration mal intégrée. C'est ainsi que se développe une mouvance identitaire de plus en plus influente dans le monde politique et intellectuel.
    Dans cet univers où l'on craint pour la survie d'un peuple français blanc et chrétien, on croise les jeunes militants de l'extrême droite identitaire mais aussi l'écrivain Renaud Camus, l'inventeur du « grand remplacement », ou encore Pierre Sautarel, l'animateur du site très fréquenté « desouche ».
    Éric Dupin montre comment ce courant d'idées et de militants pénètre le Front national, même si ses thèses y sont discutées. Il interroge les intellectuels qui s'inscrivent, chacun à sa manière, dans la veine identitaire comme Alain de Benoist ou Alain Finkielkraut. Il examine comment cette question percute l'ensemble du champ politique, avec le témoignage de personnalités aussi diverses que Marion Maréchal-Le Pen ou Jean-Pierre Chevènement.
    L'auteur s'interroge enfin sur la profonde mutation du peuple français et sur la crise du « vivre ensemble » qui imposent une redéfinition des valeurs républicaines. C'est l'un des grands défis pour une gauche désemparée par la question de l'identité et profondément divisée sur les réponses à y apporter. Une réflexion d'autant plus indispensable que la pulsion identitaire, avivée par le terrorisme islamiste, travaille l'ensemble des sociétés européennes.

  • Voyages en France

    Eric Dupin

    • Seuil
    • 27 Avril 2011

    Dix-sept voyages à travers l'hexagone, dix-sept enquêtes sur la vie quotidienne de nos concitoyens, dix-sept portraits ethnologiques d'une nation plus diverse qu'on ne le croit.Se consacrant depuis des années à l'analyse politique, le talent journalistique d'Eric Dupin s'est ici risqué à une vaste enquête de terrain. Le récit de ses observations est passionnant. En train, en voiture, à pied, à vélo, le reporter est parti à la rencontre de centaines de personnes de tous âges et de toutes origines, exerçant mille métiers. On approche et découvre des agriculteurs, des ouvriers, des cols bleus et blancs, des artisans, des artistes, des chômeurs, des retraités et des jeunes, des fonctionnaires et des "débrouillards", des citadins, des néo-ruraux et des banlieusards. Tous parlent de leur quotidien, de leur lieu de vie, de leur travail ou de leurs rêves.Le portrait ainsi brossé de notre pays et de ses habitants est à la fois vivifiant et cruellement contrasté. Mais un trait commun semble dominer chez tous : ce que Dupin appelle la "fatigue de la modernité".

  • Bien plus de Français qu'on ne l'imagine vivent d'ores et déjà selon une échelle des valeurs différente de celle que la société actuelle nous impose. D'une manière ou d'une autre, plus ou moins radicalement, ils se sont détachés du modèle productiviste et consumériste qui nous étouffe. Cette minorité agissante expérimente, innove, invente, guidée par un idéal lesté de pragmatisme.
    Ces défricheurs d'un monde nouveau sont fort divers. Certains, en rupture franche avec la société, vivent dans des yourtes ou dans des « habitats légers ». D'autres, à l'opposé, sont des « alterentrepreneurs » qui se fraient un chemin exigeant, socialement et écologiquement, dans l'économie de marché. Ces choix de vie sont parfois l'aboutissement d'une prise de conscience. Mais la crise provoque aussi pas mal de reconversions de vie. Le champ de ces expérimentations est vaste :
    Agriculture paysanne et circuits de proximité, éco-villages et habitats partagés, renouveau coopératif et solidarité inventive, éducation populaire et écoles alternatives.
    Ce livre est le fruit d'une vaste enquête de terrain qui s'est déroulée pendant près de deux ans dans une dizaine de régions. L'auteur a recueilli de très nombreux témoignages et réflexions des acteurs de ce mouvement social invisible, souvent surprenants, toujours passionnants. L'ouvrage s'interroge enfin sur le sens de ce fourmillement d'initiatives. De très nombreux défricheurs rencontrés rejettent la politique, mais l'utopie concrète qu'ils vivent a bel et bien un sens politique.
    Pour autant, le changement social peut-il naître de l'essaimage d'alternatives locales ? Et, au-delà de la convergence vers des valeurs écologiques et sociales qui caractérise cette mouvance, comment définir la postmodernité à laquelle de plus en plus de gens aspirent ?

  • Le printemps électoral pourri de la gauche en 2002 clôt un cycle historique.
    Les causes de la spectaculaire déroute de Lionel Jospin ne sont pas conjoncturelles. C'est la gauche de gouvernement, celle qui a dirigé le pays pendant quinze des vingt et une dernières années, qui a été sanctionnée. L'expérience de la " gauche plurielle " est finalement le dernier épisode de l'aventure mitterrandienne. Au lieu de se renouveler, les socialistes se sont dramatiquement coupés du pays, de ses préoccupations comme de ses aspirations.
    C'est toute la gauche construite depuis le congrès d'Épinay de 1971 qui est radicalement remise en cause par l'imprévu verdict des urnes. L'inévitable débat qui s'ouvrira en son sein, sur les causes de la défaite et les voies d'une refondation, s'annonce douloureux. La gauche française paie au prix fort toute une série de tares qui remontent loin dans son histoire : sa mythologie révolutionnaire et sa timidité gestionnaire, son mépris du réel et son amour de l'abstraction, son opportunisme et son sectarisme, au fond sa méfiance à l'égard de la société.
    La profonde crise dans laquelle se débat la social-démocratie européenne rend cet examen de conscience encore plus ardu. La plupart des gauches occidentales se sont engagées dans un révisionnisme qui a détruit ses vieux dogmes sans les remplacer par une nouvelle doctrine. L'Europe rose n'est plus qu'un souvenir. Et la voie tracée par Tony Blair pose un redoutable défi à une gauche française contrainte de se repenser de fond en comble.
    Dans cet essai vif et documenté, l'auteur décortique, sans complaisance ni propagandisme, la grave crise que traverse la gauche française. Un livre, nourri d'analyses historiques et internationales, à lire par tous ceux que préoccupe son avenir.

  • Chacun devient-il le nombril du monde ? La frénésie identitaire fait rage de toute part. L'individu ne s'insère plus naturellement, comme hier, dans son rapport à la famille, au travail ou à la nation. Les bouleversements de la modernité le somment brutalement de redéfinir son identité. Et rien n'est plus difficile dans une société qui tend à se fragmenter à l'extrême : régionalismes bigarrés, ethnicismes décomplexés, corporatismes sourcilleux, tribalisme des modes de vie, floraison des sectes, idéologies patchwork. Paradoxalement, la mondialisation stimule les crispations localistes. Cet ouvrage documenté est une réflexion personnelle et mordante sur les multiples dimensions d'une hystérie identitaire qui menace la liberté et la démocratie. Il aborde des questions d'actualité aussi brûlantes que la montée des communautarismes en France, l'agressivité de certains groupes régionalistes, la perte de centralité du travail ou encore les mobilisations altermondialistes. L'islamisme y est interprété comme l'une des manifestations les plus spectaculaires de la fermeture identitaire qui guette aujourd'hui tant de groupes désorientés et déchirés. L'auteur s'interroge aussi sur l'articulation entre l'individualisme moderne et ces appartenances communautaires. Nullement nostalgique d'identités traditionnelles mutilantes, il se refuse à idéaliser des identités nouvelles encore floues et problématiques. L'argumentation du propos est nourrie de très nombreuses citations de sociologues, historiens et philosophes. Instructif et incisif.

  • Qui croit encore à ce qu'il fait ? Nous vivons dans une société d'acteurs désabusés. L'effondrement des idéologies et des croyances laisse libre cours au jeu des petits calculs et des grands intérêts. Le cynique moderne se situe en apparence aux antipodes de son ancêtre de l'Antiquité. Mais, se prenant pour un Dieu et vivant comme une bête, il partage avec Diogène le mépris du genre humain. Or cette maladie de la morale sociale se révèle contagieuse. Le cynisme des puissants exerce des effets en cascade sur l'ensemble de la société. Instrumentaliser autrui sans scrupules, tout ramener à soi, profiter de la confusion des genres, abuser du pouvoir de l'argent, professer que toutes les vérités se valent : nos cyniques ont plus d'un tour dans leur sac pour se frayer un chemin dans un monde réduit à une jungle. Cet essai démonte quelques-uns de ces stratagèmes maîtrisés par d'importants personnages. De Thierry Ardisson à Nicolas Sarkozy, en passant par Jean-Marie Messier ou Bernard-Henri Lévy, les cyniques tiennent le haut du pavé dans nombre de sphères. Le moralisme ostentatoire du discours public masque mal ce règne généralisé de la ruse et cette primauté des rapports de forces. Promoteurs d'un état de défiance généralisée, les cyniques nous préparent une société de chiens.

  • La victoire empoisonnée

    Eric Dupin

    • Seuil
    • 23 Mai 2012

    La campagne présidentielle à contrechamp.
    Comment l'habile François Hollande a-t-il gagné ? Quelle est la vraie signification de sa victoire au-delà du rejet qui a frappé le président sortant ? À quelles préoccupations et à quelles attentes a-t-il répondu ? Et que fera de son succès le nouveau président de la République dans une France rongée par la crise ?La vaste enquête d'Éric Dupin s'appuie sur des témoignages nombreux et variés : ceux des électeurs (Français des catégories populaires comme des milieux favorisés), mais aussi des acteurs de cette compétition (militants, élus, responsables politiques et, bien sûr, candidats).
    Ce récit de campagne nous conduit aussi bien chez les militants socialistes du Nord que chez les adhérents du Front national dans l'Oise. On y croise des chefs d'entreprise déçus par Nicolas Sarkozy, des jeunes tentés par Marine Le Pen, des écologistes séduits par Jean-Luc Mélenchon ou encore des libéraux ralliés à François Bayrou. Journaliste politique depuis trente ans, l'auteur a également rencontré un grand nombre de personnalités qui lui ont parlé très librement. Son récit est pimenté à la fois de confidences, d'anecdotes et d'analyses originales.Le livre décortique avec une attention particulière la campagne du candidat socialiste. Car la manière d'arriver au pouvoir en dit long sur la façon dont il sera exercé.
    Les ambiguïtés de François Hollande pèseront sur sa conduite à l'Élysée dans un contexte où les Français sont sceptiques sur les bienfaits de l'alternance. En redonnant le pouvoir à la gauche alors que la crise économique et sociale ne cesse d'empirer, les électeurs ne lui ont-ils pas offert un cadeau empoisonné ?

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