Eric Sautou

  • Beaupré

    Eric Sautou

    Quelque chose.
    De ton souvenir.
    N'est déjà plus le même.
    Entendre.
    Ma voix tu ne l'entendras plus que ne l'as-tu.
    écrite.
    Et quand je pense à toi il n'y a plus que des mots.
    Perdue.
    Noyée dans le seul mot qui reste.
    Beaupré.

  • La veranda

    Eric Sautou

    Dédié à la mémoire de la mère de l'auteur, La véranda est un livre d'évocations circulaires autour de la fixation de motifs répétés.
    Ecrit dans un féminin que vient compléter en délicate filiation le masculin, c'est une mélopée sur un fil, qui tournoie sans jamais tomber, autour de choses simples : la pluie, les fleurs, le jardin, les feuilles qui tombent. Et comment tout bouge entre ces choses, comme on les reprend, les répète, les fait tourner en soi.
    Valse lente d'une émotion faussement contenue entre parenthèses, qui explose de l'intérieur, dans la beauté de leur retenue, dans la reprise des jours disparus, des jours passés, des rêves un peu dissous. Assis là oui, le temps est passé, il n'y a presque rien à se dire. On brûle des herbes, ensemble assis là. Il se passe quoi ? Cela vous déchire sans avoir l'air d'y toucher. Le souvenir, on se parle encore un peu, les yeux fermés, « nous étions mère et fils ».
    Et ces façons de s'éloigner, parce que tout s'efface, tout tombe, les voix s'effilochent. On ne sait pas ce qui reste, un peu d'étreinte du vide. Quelques jours malheureux, on commence à oublier les visages. On ne sait plus qui parle. On se répète du bout des lèvres quelques souvenirs. Des souvenirs seuls, quand on se retrouve seul, deux simples chaises vides là sur la véranda avec « plus personne où aller ».

  • Un oursin

    Eric Sautou

    • Cadex
    • 1 Novembre 2004


    mes pieds/font des traces de pieds/dans le sable humide/la mer est plate/sous tout le ciel/j'entends le coeur/la capture du feu c'est l'indien à cheval/j'ai dans la main/un oursin.


  • Les vacances

    Eric Sautou

    Le nouveau livre d'Eric Sautou se présente presque comme un cahier de vacances aux vignettes lointaines, estompées par le temps.
    Une première section (les souvenirs) égrène une liste d'images et d'objets usuels, dressant un catalogue aléatoire des choses communes chères à Pérec: de la toupie au badminton en passant par les bataillons d'orage (les aléas du ciel rythment l'ensemble de ces pages). Le corps de l'ouvrage (simplement titré: les poèmes) revient à la manière désormais familière de l'auteur, déroulant un récit morcelé, entrecoupé d'incises et de vides (n'est-ce pas le sens caché de ces vacances?): ces strophes s'adressent à un être qui n'est jamais nommé (la lettre finale le confirme) mais qui focalise la mélancolie du souvenir, entre blessure et lumière.
    Ce qui frappe avant tout, c'est ce souffle toujours retenu, cette manière de dépeindre l'éloignement du monde sans jamais hausser le ton, à travers une description minimale, presque atone parfois, qui oscille entre intérieur et extérieur pour mieux dire ce tourment secret:
    "poèmes choses brèves c'est ici que je reste".

  • La tamarissiere

    Eric Sautou

    Sous le nom d'une plage méditerranéenne, près de Montpellier,«La Tamarissière»l'auteur a regroupé des séquences poétiques : monologue, décors patiemment décrits. Des textes où les objets qui s'accumulent semblent parfois plus présents que les êtres qui déambulent, accablés par le poids d'une réalité qui ne cesse dirait-on de les fuir.

  • Frédéric Renaissan

    Eric Sautou


    dans le prolongement de la tamarissière, le nouveau livre d'eric sautou déroule une série de vignettes, de paysages arrêtés dans des décors qui ont la netteté vacillante des rêves.
    un homme ou un enfant arpente ces contrées et se parle à lui-même, comme à l'instant oú l'on sombre dans le sommeil, énumérant les objets qui l'entourent et se dérobent à ses gestes, les rues vidées de leurs ombres humaines, les lettres" du mot de poésie qui ne tient de personne". méditation somnambulique dont la mélancolie va bien au-delà de la simple tristesse, la poésie d'éric sautou paraît à la fois accablée de lumière et soucieuse d'une nuit originelle.
    figure emblématique de l'ouvrage, frédéric renaissan traverse cet univers désenchanté et " trace au doigt dans la cendre " des poèmes limpides, précis et inquiets, blessés et tranchants.

  • Aux aresquiers Nouv.

  • Un recueil de poèmes où le deuil, paraissant ineffaçable, est affronté et surmonté à travers l'écriture.

  • Quand on a tout secoué, il reste quelques mots.
    S'ils restent, c'est qu'ils sont assez grands pour qu'on y habite. Ils ne bougent pas pour former une histoire puisque d'est l'histoire qui les a fait tomber. Alors on pose au-dessus du trou noir du monde - sur le blanc de la page - des mots encore entiers, touchés le moins possibles par la syntaxe, entamés le moins possible par les adjectifs. D'alterner ouvrir et fermer les yeux, la poésie d'Eric Sautou est cet art très nu de l'apparition comme un cinéma muet où la moindre poussière nous revient magique : promener la flamme, on agite les nappes, je touche le papier froid, le poisson brille, voici quelques avancées pour éclairer l'absence par le désir.
    C'est cette affirmation que j'entends toujours, et qui rend inutile toute ponctuation. Qui se meut par la seule vitesse de l'attente, dans un double mouvement de rencontre et de séparation. Ainsi les vers - c'est pourquoi souvent ils vont par deux - sont frottés l'un contre l'autre (On voit les braises/des pierres sont réelles), une chaleur fragile nous est donnée pour être, chacun dans la solitude mais aussi dans le monde, moins loin.

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