Fernand Braudel

  • Dans ce livre, les bateaux naviguent ; les vagues répètent leur chanson ; les vignerons descendent des collines des Cinque Terre, sur la Riviera génoire ; les olives sont gaulées en Provence et en Grèce ; les pécheurs tirent leurs filets sur la lagune immobile de Venise ou dans les canaux de Djerba ; des charpentiers construisent des barques pareilles aujourd'hui à celles d'hier.

  • L'auteur définit la civilisation en référence à l'espace, à la société, à l'économie et aux mentalités collectives. Tour à tour sont présentées les civilisations de l'islam, de l'Afrique noire, de l'Extrême-Orient et de l'Occident.

  • Dans ce bref et lumineux ouvrage, Fernand Braudel présente les conclusions de trente ans de recherches sur l'histoire économique du monde entre le XVe et le XVIIe siècle.
    Loin d'être une discipline aride, l'histoire économique, nous dit Braudel, est l'«histoire entière des hommes, regardée d'un certain point de vue. Elle est à la fois l'histoire de ceux que l'on considère comme les grands acteurs, un Jacques Coeur, un John Law ; l'histoire des grands événements, l'histoire de la conjoncture et des crises, et enfin l'histoire massive et structurale évoluant lentement au fil de la longue durée».
    Excellente introduction aux travaux de Braudel et à ses principaux concepts, La Dynamique du capitalisme offre une leçon d'histoire concrète, ancrée dans le quotidien des villes, des marchés et des bourses du monde entier, qui parcourt le long chemin de notre modernité.

  • Au soir de sa vie, le grand historien nous livre avec rigueur et passion les clefs de l'histoire de france : il en observe, fasciné, l'extrême diversité ; analyse les mouvements profonds et silencieux qui traversent l'espace ; situe les enjeux de son milieu géographique et de sa position européenne ; révèle les poids énormes des origines lointaines, des techniques et des traditions qui ont modelé son paysage.

  • Les deux volumes formant le second volet de l'identité de la france - les hommes et les choses - s'organisent autour de deux thèmes, étudiés dans la longue durée : la démographie et l'économie.
    Le premier volume, en décrivant l'évolution du nombre des hommes, fait apparaître une série de france successives, différentes et semblables, heureuses ou tourmentées, au gré des fluctuations qui ont, au fil des siècles, agité les masses vivantes de notre histoire. cette relecture systématique du passé de la france est menée de la préhistoire jusqu'à nos jours. avancées et reculs, essors et rechutes se sont succédé de la gaule celtique au milieu du xive siècle, jusqu'au cataclysme démographique de la peste noire et de la guerre de cent ans qui, de 1350 à 1450 environ, fit disparaître la moitié ou plus de la population.
    Jamais plus, malgré les famines - fréquentes encore jusqu'au xviiie siècle -, malgré les guerres, la france ne connaîtra de catastrophe comparable. une ère démographique nouvelle assure désormais une montée de la population, plus ou moins hâtive, plus ou moins régulière, mais ininterrompue depuis cinq siècles. les problèmes de la france d'aujourd'hui ont d'autres noms: la dénatalité, générale en europe mais amorcée chez nous beaucoup plus tôt que chez nos voisins - une originalité à expliquer -, et l'immigration, problème brûlant.

  • Les deux volumes formant le second volet de l'identité de la france - les hommes et les choses - s'organisent autour de deux thèmes, étudiés dans la longue durée : la démographie et l'économie.
    Le second volume s'intéresse à la longue primauté de l'" économie paysanne " en france - forme d'économie globale oú la vie rurale est encore dominante par rapport à d'autres activités, industrielles et commerciales. tous les pays d'europe ont vécu, des siècles durant, en " économie paysanne " et tous s'en sont dégagés plus ou moins vite. la france plus lentement que quelques autres. cette économie de la france d'hier est d'abord présentée dans son infrastructure : la vie rurale elle-même, avec son poids démographique, les rythmes que lui impose la nature, la lente évolution de ses techniques, le rôle des nouvelles cultures importées du nouveau monde, la place respective de l'élevage, de la vigne, des céréales, de la forêt.
    Le second chapitre est consacré aux superstructures, plus sujettes au changement et aux ruptures, et montre comment les villes, l'avènement de la grande industrie, le commerce, les progrès des moyens de transport, le développement du crédit et du capitalisme modernes ont été les instruments d'une déformation progressive de l'économie paysanne. jusqu'à l'irruption d'une autre économie, et à l'émergence d'une autre france à travers les turbulences, les changements et les violences de la contemporanéité.

  • De 1450 à 1650, pendant deux siècles particulièrement mouvementés, l'italie aux diverses couleurs, toutes éclatantes, a rayonné au-delà de ses limites propres, et sa lumière s'est répandue à travers le monde.
    Cette lumière, cette diffusion de biens culturels issus de chez elle, se présente connue la marque d'un destin exceptionnel, comme un témoignage qui, par son ampleur, pèse à son vrai poids une histoire multiple dont le détail, vu sur place, en italie même, ne se saisit pas aisément, tant il a été divers. voir l'italie, les italie, de loin, c'est rassembler en un faisceau unique une histoire fragmentée entre trop de récits, entre trop d'états et d'états-villes.
    Finalement, c'est dresser un bilan inhabituel qui est une sorte d'opération de vérité, en tout cas une façon particulière de comprendre la grandeur italienne et ainsi de mieux lui rendre, justice.

  • Ecrits sur l'histoire

    Fernand Braudel

    L'ensemble des textes de ce deuxième recueil d'articles de Fernand Braudel présente des contributions à ce jour inédites en langue française.
    L'ouvrage s'ouvre par une longue confidence de Fernand Braudel sur les raisons qui l'ont poussé vers l'histoire. "Ma formation d'historien" retrace l'itinéraire du jeune étudiant, agrégé à 20 ans, ébloui par la Méditerranée qu'il découvre à partir d'Alger, et rencontrant enfin l'Ecole des Annales sur laquelle l'auteur fait une mise au point définitive.
    Le long article consacré à l'histoire des prix en Europe pendant trois siècles et publié par la Cambridge Economic History en 1967 a marqué des générations d'historiens et fixé les modalités d'étude d'un des chapitres importants de l'histoire économique de l'Europe moderne.
    Les deux courtes biographies qui suivent, consacrées à Charles Quint et à Philippe II, éclairent d'un jour particulier les deux grands monarques espagnols et sont là pour montrer tout l'intérêt que Fernand Braudel portait aussi à l'histoire événementielle et au récit biographique.
    L'ouvrage s'achève avec les dix courts articles publiés dans les années 82 et 83 par le Corriere della Sera, réflexions de l'historien sur le siècle qui s'achève et sur l'actualité immédiate.
    Présentant à la fois une étude sur la longue durée et des récits biographiques, des confidences personnelles et des commentaires "à chaud" de l'actualité, ce recueil aux multiples facettes est bien le reflet de la prodigieuse curiosité d'esprit du grand historien français.

  • La Méditerranée de Fernand Braudel constitue l'un des monuments de la tradition historique française. Cette thèse, fruit de plus de vingt ans de travail, a été rédigée essentiellement de mémoire, lorsque l'historien était retenu en captivité durant la Seconde Guerre mondiale. S'inscrivant dans le renouvellement de l'histoire inauguré par Les Annales, l'ouvrage possède un double intérêt : le premier est de considérer cette vaste étendue d'eau comme un personnage historique à part entière, le second est d'utiliser une architecture temporelle originale. L'auteur y distingue trois temps de l'histoire, auxquels il consacre à chacun un volume : la "longue durée" ou l'histoire quasi immobile des rapports de l'homme à son milieu géographique, l'histoire lente des grands rythmes économiques et sociaux, et enfin l'histoire événementielle au temps rapide de la guerre et de la politique. Le livre se clôt à la fin du XVIe siècle, lorsque la Méditerranée connaît sa dernière heure de gloire et s'efface de la grande histoire au profit de l'Amérique et de l'Atlantique.
    Ce premier volume est consacré à la description à la fois géographique et humaine du monde méditerranéen : l'Espagne, l'Italie, l'Afrique, mais aussi une Méditerranée plus grande qui s'étend au Sahara et à l'Europe entière.

  • La Méditerranée de Fernand Braudel constitue l'un des monuments de la tradition historique française. Cette thèse, fruit de plus de vingt ans de travail, a été rédigée essentiellement de mémoire, lorsque l'historien était retenu en captivité durant la Seconde Guerre mondiale. S'inscrivant dans le renouvellement de l'histoire inauguré par Les Annales, l'ouvrage possède un double intérêt : le premier est de considérer cette vaste étendue d'eau comme un personnage historique à part entière, le second est d'utiliser une architecture temporelle originale. L'auteur y distingue trois temps de l'histoire, auxquels il consacre à chacun un volume : la "longue durée" ou l'histoire quasi immobile des rapports de l'homme à son milieu géographique, l'histoire lente des grands rythmes économiques et sociaux, et enfin l'histoire événementielle au temps rapide de la guerre et de la politique. Le livre se clôt à la fin du XVIe siècle, lorsque la Méditerranée connaît sa dernière heure de gloire et s'efface de la grande histoire au profit de l'Amérique et de l'Atlantique.
    Ce deuxième volume dépeint une Méditerranée qui, malgré les grandes découvertes, reste tout au long du XVIe siècle la puissance économique qui se réserve l'essentiel du commerce mondial. Elle partage cependant les difficultés des sociétés en crise : montée de la misère, guerres civiles et religieuses.

  • La Méditerranée de Fernand Braudel constitue l'un des monuments de la tradition historique française. Cette thèse, fruit de plus de vingt ans de travail, a été rédigée essentiellement de mémoire, lorsque l'historien était retenu en captivité durant la Seconde Guerre mondiale. S'inscrivant dans le renouvellement de l'histoire inauguré par Les Annales, l'ouvrage possède un double intérêt : le premier est de considérer cette vaste étendue d'eau comme un personnage historique à part entière, le second est d'utiliser une architecture temporelle originale. L'auteur y distingue trois temps de l'histoire, auxquels il consacre à chacun un volume : la "longue durée" ou l'histoire quasi immobile des rapports de l'homme à son milieu géographique, l'histoire lente des grands rythmes économiques et sociaux, et enfin l'histoire événementielle au temps rapide de la guerre et de la politique. Le livre se clôt à la fin du XVIe siècle, lorsque la Méditerranée connaît sa dernière heure de gloire et s'efface de la grande histoire au profit de l'Amérique et de l'Atlantique.
    Ce troisième volume est consacré aux événements marquants durant le demi-siècle que domine le règne de Philippe II : conflits entre les Espagnols et les Turcs, triomphe de la flotte chrétienne à Lépante en 1571, montée en puissance des corsaires turcs et chrétiens, etc.
     

  • "Autour de la Méditerranée propose les écrits principaux qui ont précédé ou suivi la publication du grand livre de Fernand Braudel sur la Méditerranée du XVe siècle. L'ouvrage s'organise selon un découpage à la fois géographique et chronologique.
    Le livre débute par un texte resté inédit consacré à l'histoire des Espagnols en Afrique du Nord. Il introduit un ensemble d'articles et de conférences sur l'histoire politique, économique, sociale et artistique du Maghreb.
    La deuxième partie concerne l'Empire espagnol sur lequel Braudel avait pensé rédiger un livre dont on trouvera ici l'introduction inédite. Puis vient le récit, événementiel, ce qui est insolite sous la plume de l'historien, d'une des plus importantes batailles navales de l'époque moderne : Lépante. Une bataille d'un jour - le 7 octobre 1571 -, où s'affrontent plus de 100 000 hommes et qui laissera la Méditerranée rouge du sang des combattants. Les deux courtes, et maintenant célèbres, biographies de Charles Quint et de Philippe II complètent, avec quelques articles ponctuels, cette séquence hispanique.
    La troisième partie évoque l'Italie à l'époque moderne : Gênes et Venise, Florence et Rome, qui donnent le spectacle des réussites intellectuelles et artistiques, des acrobaties économiques, des révolutions culturelles; pendant près de trois siècles, l'Italie a été le miroir du monde occidental, projetant au loin ses couleurs et ses lumières au point que le ciel de l'Europe en fut illuminé."

  • Dans ce livre, les bateaux naviguent; les vagues répètent leur chanson ; les vignerons descendent des collines des Cinque Terre, sur la Riviera génoise; les olives sont gaulées en Provence et en Grèce; les pêcheurs tirent leurs filets sur la lagune immobile de Venise ou dans les canaux de Djerba; des charpentiers construisent des barques pareilles aujourd'hui à celles d'hier...
    Et cette fois encore, nous sommes hors du temps. Plus qu'aucun autre univers des hommes, la Méditerranée ne cesse de se raconter elle-même, de se revivre elle-même. Par plaisir sans doute, non moins par nécessité. Avoir été, c'est une condition pour être. Fernand Braudel.

  • « J'ai passionnément aimé la Méditerranée. » : c'est par ces mots que Fernand Braudel ouvre son premier ouvrage sur le monde méditerranéen qui, traduit dans le monde entier, y a été salué comme « la plus grande oeuvre historique de notre temps ».
    Selon la conception originale de l'auteur, il se déroule sur des rythmes temporels différents.
    De volume en volume, il passe de la « longue durée », du temps presque immobile de la géographie et des civilisations, au temps lent des grands cycles économiques et sociaux, et enfin au temps très vif et bref des événements au quotidien.


    Ce deuxième volume, consacré aux économies et aux sociétés, pose une question essentielle : quand la Méditerranée a-t-elle perdu son antique royauté au profit de l'Atlantique ?
    Certainement pas dès le lendemain des grandes découvertes, affirme l'auteur, contre toutes les idées reçues jusqu'alors. Tout au long du XVIe siècle, la Méditerranée, bien qu'envahie par les bateaux du Nord, reste la puissance économique qui se réserve l'essentiel du grand commerce mondial, plus la suprématie financière : l'or et l'argent que déversent en Espagne les mines d'Amérique aboutissent dans les mains des banquiers italiens, maîtres du crédit à travers toute l'Europe.
    Cependant la Méditerranée partage les difficultés, alors générales, de sociétés en crise dans une montée à la fois d'inflation, de richesse, de misère, de banditisme, de guerres civiles et religieuses - un destin commun aux deux civilisations qui la divisent : Islam et Chrétienté.

  • L'économie paysanne de la France au cours des siècles.

  • « Sur l'immense passé de la Méditerranée, le plus beau témoignage est celui de la mer elle-même [...] qui restitue patiemment les expériences du passé. » On comprend bien que ce dernier livre publié de Fernand Braudel doit tout à son expérience acquise pendant des dizaines d'années au contact de l'espace magique de la mer Intérieure.
    De la Préhistoire à l'accomplissement de la conquête romaine, il révèle à la fois les balbutiements, les contradictions et les évolutions des civilisations anciennes du Moyen-Orient, de l'Egypte, de la Grèce et de Rome.
    L'historien des grands espaces et des longues durées propose une vision très libre et stimulante de ces civilisations dans leur milieu géographique, les mouvements de leurs populations, l'évolution technique ininterrompue de la domestication du feu à la naissance de l'écriture , les nouvelles pratiques dans l'agriculture, l'irrigation, les transports, le développement des arts, enfin, jusqu'à l'épanouissement de la civilisation romaine.
    Des pages qui nous renvoient l'image d'un passé éternellement présent.

  • "Il m'est arrivé un soir, à l'intérieur de l'Etat de Bahia, d'être pris brusquement au milieu d'une montée prodigieuse de lucioles phosphorescentes. Elles éclataient partout, sans arrêt, innombrables, en gerbes au sortir des taillis et des fossés de la route, comme autant de fusées, trop brèves pourtant pour éclairer le paysage avec netteté. Ainsi des événements, ces points de lumière. Au-delà de leur éclat plus ou moins vif, au-delà de leur propre histoire, tout le paysage environnant est à reconstituer." A son habitude, c'est en images que Fernand Braudel exprime sa conception de l'Histoire, ses domaines, sa mission, ses moyens et ses méthodes ainsi que la place qui doit être la sienne dans le concert des sciences sociales. Les Ambitions de l'Histoire retracent, dans son évolution chronologique, le chemin de cette pensée originale qui s'est longuement cherchée.

    Chacun des ouvrages de F. Braudel a vécu dans l'esprit de l'auteur pendant des années avant même d'être rédigé. Des années pendant lesquelles son fichier s'enrichissait et ses écrits se multipliaient. Généralement inédits, ces textes témoignent de ses préoccupations sur la Méditerranée du XVIe siècle, le capitalisme de l'âge moderne, et l'histoire de France. L'ouvrage s'achève sur le manuscrit inachevé du troisième volume de L'Identité de la France, qui devait être consacré à l'Etat, la Culture et la Société.


    Fernand Braudel (1902-1985) débute sa carrière d'enseignant en Algérie avant d'être nommé à l'université de São Paulo. Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier dans les camps de Mayence et de Lübeck où il écrit de mémoire sa thèse consacrée à la Méditerranée. Il est élu au Collège de France en 1949. Président du jury d'agrégation d'histoire, président de l'Ecole des Hautes Etudes (VIe section), fondateur et administrateur de la Maison des Sciences de l'Homme, docteur honoris causa d'une vingtaine d'universités, il a été élu en 1984 à l'Académie française. Maurice Aymard a préfacé cet ouvrage.

  • Ce dernier volume reprend, cette fois dans sa chronologie du XVe au XVIIIe siècle, l'histoire économique du monde. Non pas de l'univers tout entier, mais de ces seules zones très minoritaires qui vivent selon « le temps du monde », le regard tourné vers les échanges internationaux - toutes zones de civilisations denses, à la richesse ancienne. En gros deux blocs : l'Europe d'un côté, de l'autre l'Extrême-Orient qui lie Inde, Chine, Islam en un puissant réseau, longtemps à égalité avec l'Europe. L'histoire de ces quatre siècles est précisément celle de la rupture progressive de cet équilibre ancien. Il a été bouleversé, recréé à partir des hauts lieux du capitalisme qui ont successivement pris la tête de l'Europe : Venise au xve siècle, puis Gênes, Amsterdam, Londres, jusqu'à la révolution anglaise du XIXe siècle, qui a scellé l'inégalité du monde. Nous en vivons encore les conséquences. En conclusion : le destin du capitalisme d'aujourd'hui s'explique-t-il à la lumière du passé?

  • "Je le dis une fois pour toutes : j'aime la France avec la même passion, exigeante et compliquée, que Jules Michelet.
    Sans distinguer entre ses vertus et ses défauts, entre ce que je préfère et ce que j'accepte moins facilement. Mais cette passion n'interviendra guère dans les pages de cet ouvrage. Je la tiendrai soigneusement à l'écart. Il se peut qu'elle ruse avec moi, qu'elle me surprenne, aussi bien la surveillerai-je de près.
    Et je signalerai, chemin faisant, mes faiblesses éventuelles.
    Car je tiens à parler de la France comme s'il s'agissait d'un autre pays, d'une autre patrie, d'une autre nation." C'est dans un style très personnel que Braudel livre les clés de l'histoire de France: il en observe, fasciné, l'extrême diversité; analyse les mouvements profonds et silencieux qui traversent l'espace;
    Situe les enjeux de son milieu géographique et de sa position européenne; révèle les poids énormes des origines lointaines, des techniques et des traditions qui ont modelé son paysage.

  • Ce livre est un manuel - la partie centrale d'un manuel - publié pour la première fois en 1963.
    Au début des années soixante, fernand braudel fut en effet sollicité pour rédiger un texte consacré aux grandes civilisations, désormais au programme des classes de terminale, un projet qu'il défendait de longue date. la langue de braudel, éloquente et limpide, sa volonté de transmettre à un jeune public une vision de l'histoire nourrie des autres sciences humaines, servirent à merveille la conviction qui fut toujours la sienne : " enseigner l'histoire, c'est d'abord savoir la raconter.
    " par son ambition - il s'attache successivement à l'islam, à l'afrique noire, à l'extrême-orient, aux civilisations européennes, à l'amérique et à la russie - et la clarté de son propos, grammaire des civilisations est devenu un classique traduit en plusieurs langues.

  • Traduit dans plus de vingt langues, ce livre présente avec verve les conclusions de trente ans de recherches sur l'histoire économique du monde entre le xve et le xviie siècle.
    économique fait peur, sonne étroit et abstrait. pourtant, nous dit braudel, cette histoire-là est "l'histoire entière des hommes, regardée d'un certain point de vue. elle est à la fois l'histoire de ceux que l'on considère comme les grands acteurs, un jacques coeur, un john law ; l'histoire des grands événements, l'histoire de la conjoncture et des crises, et enfin l'histoire massive et structurale évoluant lentement au fil de la longue durée." c'est donc une histoire concrète, fondée sur le quotidien, en même temps qu'une réflexion sur l'évolution des économies-mondes : ainsi l'europe a-t-elle vu en quatre siècles son centre de gravité se déplacer de venise à anvers, puis gênes, amsterdam, et londres.
    C'est là que, successivement, "le soleil de l'histoire fait briller les plus vives couleurs, là que se manifestent les hauts prix, les hauts salaires, la banque.. . toute une modernité économique en avance s'y loge."

  • A partir de 1450, la circulation se réanime à travers l'isthme français.
    Mais, différence énorme, elle n'est plus ce lien vital de l'économie internationale, elle est seulement le début d'activités et d'échanges qui seront très lents à créer un " marché national ". C'est que la France est immense, accablée d'espace, découpée en régions dont c'est le sort de vivre d'elles-mêmes avant tout. Que cette France ou de Louis XI, ou de François Ier, ou de Mazarin, soit vaste comme l'était la Chine des généraux vers 1930, c'est une vérité que j'ai souvent signalée et qu'il convient de rappeler avec force.
    Si vivantes que soient les villes et les chaînes des bourgs, les liaisons marchandes manquent de vivacité et les volumes des trafics sont modestes. Mais enfin ils existent. Marchés, foires, villes, lignes d'eau douce, cabotage, mouvement des voitures et des bêtes de somme, bourgeoisies marchandes jouant leur rôle, une France unie s'esquisse. Elle est unie politiquement, du moins elle y tend, et c'est le problème que discutera la première partie de ce livre.
    Le gouvernement monarchique avec ses représentants, ses ordres, ses interventions, la paix qu'il préserve ou impose, la langue de commandement qu'il répand, les flux et reflux d'argent qu'il crée - tout cela entraîne une certaine cohérence. La civilisation y joue son rôle, l'Eglise catholique l'emportera au sortir des longues guerres de religion (1562-1598). FERNAND BRAUDEL.

  • L'histoire de la France sous l'éclairage des diverses sciences de l'homme.

empty