Jack-Alain Léger

  • L'autre falstaff

    Jack-Alain Léger

    Noble clochard, épave magnifique, débordant d'humanité et de générosité, d'une réjouissante immoralité, l'énorme, le truculent falstaff se morfond dans une auberge de windsor : il a la nostalgie du temps où il était l'ami des lords qui se disputent aujourd'hui les faveurs de la reine.
    Qui le sauvera de sa mélancolie, qui le sauvera de lui-même ? les grands seigneurs corrompus que ses mauvaises blagues amusaient tant jadis ? la belle alice qui lui voue un amour si candide, si pur ? ou shakespeare en personne, puisque " tout dans ce monde n'est que bouffonnerie " ? qui lui fera découvrir, en lui, l'autre falstaff -le personnage de comédie qui, pour nous, incarne l'amour de la vie ?
    L'écrivain au sommet de son art -un irrésistible mélange de verve, de gaieté, de virtuosité, de fantaisie, de gravité souriante et d'érudition amusée- nous redit, avec brio, avec allégresse, que le roman est, d'abord, une fête.

  • Chargé de cours à l'Université de Montréal, Elie Abs prend une année sabbatique et retourne en Europe.
    Salzbourg, Zurich, Milan, Munich, il erre. Il s'enivre de musique et d'exercices physiques. Il fait des conférences et retrouve Jeanne, une amie d'enfance qu'il a aimée. Il revoit Elisabeth, une brésilienne qu'il a aimée aussi. Mais on ne renoue pas partiellement avec sa mémoire, et ce sont les souvenirs de sa mère, morte depuis dix ans, qui affluent, par bouffées. Après avoir fui Paris pour mieux se fuir lui-même, Elie retournera chez lui, y retrouvera son père et le fera parler de celle qu'il n'a jamais cessé d'appeler maman, et n'a jamais cessé d'aimer.
    Après toutes ces années de silence, qu'importe si père et fils ont chacun sa vérité.

  • Le tendre, modeste et naïf Abel Young est le fils naturel d'E.E. Emerson, magnat de la presse américaine. À la mort de son père, le voici héritier pour moitié de son empire avec son demi-frère, le cynique Jeremy. Loin de se satisfaire de sa nouvelle vie de nabab, cet idéaliste part pour le Vietnam témoigner des horreurs de la guerre. Victime d'un complot ourdi par Jeremy et sa mère, la terrible Kay, il est emprisonné au secret et tenu pour mort. Comment se sauvera-t-il de ce goulag ? Comment reviendra-t-il à New York pour se venger et retrouver celle qu'il a toujours aimée ? C'est ce que le lecteur découvrira en se plongeant dans ce roman virtuose, remake moderne du Comte de Monte-Cristo qui, une fois ouvert, ne peut plus se lâcher.

    Jack-Alain Léger, né en 1947, est sous ce nom ou d'autres - Paul Smaïl en particulier -, l'auteur d'une oeuvre profuse, inclassable, qui aborde tous les genres du romanesque, l'intime comme l'épique, la confession, le jeu littéraire ou le feuilleton populaire aussi bien que le récit, le pamphlet ou l'essai.

  • Les amateurs le savent : les brochures de l'Opéra de Paris recèlent des trésors inattendus. La musique a toujours inspiré les écrivains - et inversement, les écrivains ont souvent inspiré les compositeurs. Fructueuses rencontres. Des textes, des merveilles parfois, ont résulté de ces confrontations intellectuelles, artistiques, il suffit de penser à Stendhal ou à Nietzsche. L'Opéra de Paris sollicite depuis longtemps des écrivains pour nourrir les brochures mises à la disposition des spectateurs, Jack-Alain Léger est l'un d'eux, qui a écrit des commentaires consacrés à des oeuvres de Strauss, Mozart, Rossini, etc. Place de l'Opéra regroupe la plupart de ces textes qui ne sont ni tout à fait des essais ni tout à fait des articles, mais de ces réflexions poétiques qui naissent un peu à la diables lorsqu'on s'abandonne à la musique.

  • Un ciel si fragile

    Jack-Alain Léger

    Août 1939.
    A bord d'un dirigeable qui semble échappé d'un roman de Jules Verne, le Chinois Chou Tsé-tsin rencontre le fils illégitime de Tadeuz Alansky. Dans une atmosphère de catastrophe imminente, il raconte au jeune homme l'existence de son père, qui tourne autour de trois femmes : Mina, Liza -la mère de son interlocuteur- et Jude. Et autour de trois dates clés : 1913 : Tadeuz a vingt-six ans. Juif allemand d'origine polonaise, il est le meilleur réalisateur de son temps, et le ciel lui a tout prodigué : l'argent, l'amour, la gloire.
    1923 : un ciel de carton-pâte s'effondre sur Tadeuz. Il n'est plus qu'un dandy crépusculaire et sa chute est amorcée. Il s'exile à Hollywood. En 1933, enfin, l'année sombre où le grand Tadeuz n'est plus, dans l'Allemagne devenue nazie, qu'un juif de trop. Le ciel est " si fragile "...

  • Où il est question de maestria, d'esprit, de plaisir, de bravoure, de brio, d'autorité, d'amabilité, de virilité, de liberté, de dignité, de révolte, d'excès, de jeu, de foi, de swing, de tempo, de corrida, de fandango, de séguedille - toutes choses très joyeuses et donc parfaitement inactuelles.
    Oui. Mais aussi de Bach, de Nietzsche, de Mozart, de Thérèse d'Avila, de José Bergamin, de Garcia Lorca, de Vélasquez, de Picasso, de Cervantès, de Cavafy, et de Melville, aussi, et de Clément Rosset, et de Francis Bacon, le peintre... Et d'El Juli, le matador, aux arènes de la Maestranza - olé !

  • Amis de la liberté, champagne ! Nous avions perdu une bataille, nous n'avons pas perdu la guerre. Comme tout se dévoile, soudain ! Le débat de société qui agite la France depuis quelques mois nous révèle enfin ce qui se cachait derrière l'affaire du voile islamique à l'école : des années de honteuses reculades des politiques devant la montée de l'islamisme et du communautarisme musulman, une cabale des dévots politiquement corrects, une alliance de militants totalitaires bruns, rouges, roses ou verts unis dans la haine de notre civilisation.
    A nous de poser aujourd'hui les bonnes questions :
    Peut-on encore, au pays de Molière, juger intolérable les mariages arrangés et les violences faites aux femmes ? Mais oui !
    Peut-on encore, au pays de Voltaire, critiquer une religion dont certains aspects heurtent notre sensibilité et notre idée des droits de l'homme - et surtout de la femme ? une religion dont le prophète eut recours à la guerre et à l'assassinat ? Peut-on, sans se voir intenter un procès en sorcellerie, rappeler ce qu'en dit, par exemple, Claude Lévi-Strauss ? Mais oui !
    A nous de nous montrer solidaires de nos compatriotes qui se trouvent à la fois victimes et du racisme anti-maghrébin et d'une certaine incivilité musulmane que je me refuse à taire ou à excuser sous le prétexte fallacieux des biens-pensants : la dénoncer serait faire le jeu et des islamistes et du Front National ! Revendiquons non pas le droit à la différence mais le droit à l'indifférence religieuse.

    La suite de Tartuffe fait ramadan (Denoël, 2003)

  • Zanzaro circus

    Jack-Alain Léger

    En fanfare, Zanzaro, le clownesque auteur de ce livre, nous invite à le suivre dans le cirque qu'aura été sa vie.
    On y croise Françoise Sagan, Liz Taylor, Viva Superstar et Derrida. On y souffre avec lui les peines, mais aussi les joies, que lui vaut sa maladie : la psychose maniacodépressive. Comme autant de pop-up surgis sur un écran d'ordinateur, des bribes du passé s'imposent à son souvenir. Et l'on se réjouit de son sens de la dérision. Et on l'accompagne sur la piste d'une vie tout entière consacrée à l'art : à la musique, à l'écriture, à la musique de l'écriture.

  • Un spectre hante la France, et ce spectre, puisqu'il faut l'appeler par son nom, n'est autre que l'Islam.
    Hélas, une cabale des dévots telle qu'on n'en avait plus vue dans ce pays depuis Molière tente à toute force d'interdire aux esprits libres de nommer le péril. Ex-compagnons de route du communisme convertis en idiots utiles de l'islamisme, philosophes et sociologues pour talk shows, ou prétendus journalistes mais vrais militants de l'ordre nouveau, ils accusent de racisme ceux qui alertent leurs concitoyens sur les dangers du communautarisme islamique et la mainmise d'un clergé musulman obscurantiste dans des quartiers délaissés par la République. Ils diffament ceux qui nous font part de l'angoisse grandissante des enfants d'immigrés qui ont courageusement choisi d'être des Français comme les autres, qui revendiquent non pas un illusoire droit à la différence mais bien leur «droit à l'indifférence».
    Mais tout est fait pour escamoter le débat. Et tandis que Nicolas Sarkozy se dit «l'ami» des barbus intégristes et des bigotes voilées, le Forum social européen reçoit le prédicateur islamiste Tariq Ramadan en qui les Verts et la Ligue communiste voient un «camarade» !
    La confusion est totale.
    Assez !

  • « Ultime tour de piste d'un écrivain définitivement exclu du spectacle et à qui n'est resté que sa petite musique. Assemblage, assortiment des premières pages de livres abandonnés en chemin faute de temps, autrement dit faute d'argent, le nerf de la guerre pour qui vit de sa plume. Vestiges d'une oeuvre à venir qui demeurera donc inachevée. Avec, en prime, de très brefs essais réunis ici comme autant de coups de chapeau aux artistes révérés : Mozart, Shakespeare, Büchner, Rossini, Strauss, Vélasquez, Cervantès, Hofmannsthal, Pouchkine et quelques autres. "Vous serez un grand écrivain posthume", me prédit un éminent éditeur il y a déjà vingt ans de cela. J'en accepte aujourd'hui l'augure en publiant, comme l'avait décidé avant moi Musil, "l'oeuvre posthume de mon vivant". Je n'étais pas fait pour le cirque moderne. J'ai trop cru en la littérature, trop peu sacrifié à l'image. Franc-tireur isolé, j'ai perdu la guerre... Hé bien ! la guerre. » L'auteur.

  • C'est un roman ? Une sorte de.
    Dont certains personnages, fort peu romanesques, se nomment Chirac, Jospin, Chevènement ou Martine Aubry...
    Fort peu romanesques mais farcesques, mais ubuesques, Chichi, Yoyo, Le Che, Titine ! Des clowns !
    Le pire est que l'auteur n'a rien eu à inventer, qu'il se contente de citer. C'est que la réalité vécue est toujours plus fictive, plus délirante, plus truquée... Et que, seul, le romanesque peut encore nous donner à comprendre quelque chose à ce lamentable cirque.
    La scène se passe entre deux tours de piste - pardon de présidentielle, quand l'auguste Le Pen est devenu présidentiable dans ce vieux pays qu'est la France.
    On en est là ? On en est là.
    Léger, poursuivant son aventure donquichottesque, qui le mène de Wanderweg en Ocean Boulevard, de Selva Oscura en Maestranza, à travers Le Siècle des ténèbres, charge une nouvelle fois les moulins à vent de notre société du spectacle.
    Où l'on apprend, chemin faisant, qu'il écrit aussi sous un autre masque - un loup, disons. C'était le secret de polichinelle ? Soit. Mais c'est toujours lui qui tire les ficelles.
    On en est là, et c'est à pleurer ? Oui.
    Alors mieux vaut en rire avec lui.

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