Mallet-Joris F.

  • Nous sommes au début du xxe siècle. Le comte Dante Castellongo, marié depuis plusieurs années à la très jeune Fanny, ne lui a pas fait d'enfant par crainte d'une hérédité meurtrière qu'il n'ose lui avouer.
    Lorsque les hasards de la vie lui font croiser les anarchistes de la « bande à Bonnot », pourquoi Dante accepte-t-il de partir à la recherche du petit garçon de Bonnot, sinon par obsession de la légende familiale et par angoisse de ce que serait son propre enfant à naître oe
    Sa quête éperdue nous fait revivre l'histoire des « illégalistes » et la montée progressive de l'Europe vers la boucherie de la Première Guerre mondiale, qui lui dessillera les yeux : l'instinct du meurtre est en chacun de nous mais il faut parier sur la vie. Quel que soit son destin, Dante et Fanny auront un enfant...

  • « On pourrait dire, si l'expression n'était pas si dévaluée, qu'il s'agit d'un roman d'amour, ou plutôt d'un roman sur l'amour, sa présence, son absence, son retour. C'est un peu La Ronde de Schnitzler, avec un dénouement plus optimiste, et dans l'ambiance brève mais intense de cet Art Nouveau qui fleurit en même temps à Paris, à Berlin, à Bruxelles. Abandonnée par sa mère Évelyne - du moins le croit-elle - Julia ne s'en est jamais consolée et a fait, à trente ans, un mariage idiot. Gérald, son père, sous des dehors maussades, regrette aussi sa femme, bien qu'il ait pris une maîtresse, Tania. Julia a deux amis homosexuels, Marc et Siggi, qui sont aussi ses voisins. Ils habitent une étrange villa « La Pagode », construite par l'oncle de Marc, Bram, au début du siècle. Ces deux jeunes gens s'aiment, semble-t-il, mais Marc, d'un caractère anxieux, s'interroge sur son compagnon, plus jeune que lui. Est-ce un caprice ? Est-il intéressé ? L'angoisse de Marc provient sans doute du fait que sa mère, Jeanne, l'a toujours détesté. En secret, elle aimait son beau-frère, Bram, le séduisant architecte, qui, lui, n'aimait que son art, ce qui est aussi une forme d'amour, et ne s'est même pas aperçu des sentiments passionnés de Jeanne, qui sont devenus de la haine, tant à l'égard de Bram, maintenant mort, qu'à l'égard de Marc, fruit d'un bref égarement où elle a entraîné l'architecte. L'annonce du mariage légal de Marc (qui a surmonté ses doutes) et de Siggi augmente encore la colère de Jeanne qui tente, mais sans y réussir, de l'empêcher. Tout se dénouera plus ou moins grâce à Tania, peu intelligente mais généreuse, qui consulte un détective privé et retrouvera Évelyne dont elle apprendra la triste et romanesque histoire. Ainsi Tania a-t-elle perdu Gérald, qui ne l'aimait pas, mais elle va vite s'apercevoir que le détective, Charles, l'aime depuis le début, et sans doute l'aimera-t-elle un jour, elle aussi. Il n'est pas bien riche, mais que veut-elle sinon être aimée, car elle a senti depuis quelque temps qu'elle n'était auprès de Gérald qu'une figurante. Gérald retrouvera Évelyne, et Julia poursuivra son chemin, éternelle orpheline de ses parents qui ne voient que leur propre amour. » Françoise Mallet-Joris

  • Adriana sposa

    Mallet-Joris F.

    Adrienne, vingt-cinq ans, abandonne sa fille Lou, sa fille de quatre ans. Et un mari, un père, une ville, Anvers, où elle a grandi heureuse. Et même sa langue maternelle. Tout cela pour une vie de déchirements et de passion, qui ressemble à une expérience mystique jusque dans ses délires charnels, et au terme de laquelle, devenue Adriana Sposa, écrivain italien, elle aura édifié comme un défi, une oeuvre et un amour sur beaucoup de souffrances.

    Souffrances de Lou qui, devenue une jeune femme vigoureuse et révoltée, va brusquement décider de partir sur les traces de cette mère toujours absente, toujours présente, pour la comprendre enfin ou la rejeter.

    Mais est-ce si simple? Le rayonnement d'Adrienne, sensible à tous ceux qui l'ont approchée, ne tient-il pas à l'amalgame, en elle, de deux vérités contradictoires, inacceptables et qui pourtant coexistent: l'amour et le mal?

    Au terme d'une quête fiévreuse, Lou aura-t-elle accepté sa mère telle qu'elle a été - ou sera-t-elle poursuivie par l'énigme que représentait l'amour d'Adrienne?

  • " Le foyer de cette famille d'artistes est une vraie maison de papier " ; chacun peut entrer à sa guise.
    Le mari est peintre, sa femme est écrivain. Ils ont deux garçons et deux filles. On rencontre chez eux des amis, des voisins, des inconnus, des " employées de maison "... Ce sont les enfants qui tiennent cependant la première place, et le permanent dialogue qu'ils entretiennent avec leur mère est pour elle un moyen de préciser ses idées sur tous les problèmes de la vie. " Faire une famille, dit-elle, c'est faire une oeuvre. " Celle-ci variée, surprenante et toujours concrète, apparaît comme un univers en réduction, où chacun se retrouve en pays connu, dans une atmosphère de chaleur vraie, de tendresse et d'humour. C'est que Françoise Mallet-Joris a le don de préserver le frémissement de ses émotions aussi bien que l'ironie du regard critique qu'elle pose sur ses proches et ses semblables, avec un talent d'une rare fidélité au naturel de la vie. "

  • Marie Mancini fut-elle une intrigante, le jouet des visées égoïstes de son oncle Mazarin, ou l'objet d'un amour sincère de la part du jeune Roi-Soleil ?
    Pour l'Histoire, ce destin éphémère et tumultueux, aux incidences politiques incertaines, reste un épisode mal élucidé de la vie sentimentale de Louis XIV.
    A l'aube du règne, la rencontre fortuite du jeune roi et de la nièce du cardinal, italienne sensible, tourmentée et fière, s'avère le prélude à plusieurs années d'intrigues et d'une passion brisée par la raison d'Etat.
    Pour Marie, éloignée de la Cour, à jamais déchirée par l'abandon du roi qui lui avait promis le mariage, commence alors une cruelle et incessante errance : une vie de souffrances en dépit du bref et brûlant intermède d'une folle passion qu'elle éprouve pour un noble italien devenu son mari, mais que bientôt elle rejette et fuit, irrémédiablement déçue.
    Plus que jamais frondeuse et solitaire, esclave de ses chimères, très longtemps menacée du couvent ou de l'emprisonnement, elle va poursuivre ses pérégrinations à travers l'Europe jusqu'à sa mort en Italie.
    C'est ce périple tortueux et pathétique, mais aussi le bouleversant voyage intérieur d'une femme dévorée par l'amour et l'ambition trahie, que fait revivre Françoise Mallet-Joris avec une sobriété et un pouvoir d'évocation exemplaires.

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