Michel Luneau

  • Corps et âme, deux amis d'enfance, presque deux frères qui se seraient perdus de vue et dont les chemins ont beaucoup divergé? pas tout à fait.
    Disons d'emblée, sans vouloir vexer quiconque, que s'ils sont au service de la même personne, ils ne font pas partie du même monde. c'est un curieux duo qui se forme à la naissance. d'un côté un corps on ne peut plus matériel, qui met le nez dehors, flanqué parfois, pour quelques semaines, d'une drôle de tête en pain de sucre sur fond de jaunisse. début de la vie dans l'indisposition, les cris, la colère, la rage, poings serrés, en dépit de tout l'amour admiratif et du regard émerveillé de la mère contemplant son oeuvre.
    De l'autre côté l'âme. plus immatérielle qu'elle, si j'ose dire, tu meurs. personne ne l'a vue, ne la voit, ne la verra jamais. on ne la sent pas plus que l'atmosphère quand il n'y a pas une haleine de vent. à se demander si elle existe vraiment, alors que certains la présentent comme chevillée au corps. (nous y reviendrons. ).

  • La retraite venue, poignait le temps de mon indépendance.
    J'avais beau me traiter de fou, je savais que je ne faisais que reculer l'échéance. L'inéluctable s'est produit ce matin-là, quand j'ai posté ma lettre pour le Premier Ministre et ma demande d'admission à l'ONU. Car c'est bien d'un Etat qu'il s'agit. Il est assurément le plus petit au monde. Je n'en tire ni gloire, ni déshonneur. Je conçois que mes propos surprennent, choquent et, pour certains, passent l'entendement.
    Est-ce une blague ? Non sire, c'est une sécession...
    La Rairie dans tout son Etat expose les raisons, détaille chacun des motifs qui ont conduit Michel Luneau à décider de son indépendance. Le livre retrace l'âpreté de ce combat sans adversaire qu'il a mené sans jamais se décourager devant les récurrentes dérobades des représentants de la France.

  • L'amitié les lie l'un à l'autre pour une aventure forte. Ils misent sur l'avenir, mais le diable usera de ses facéties pour en changer le cours et les entraînera dans une spirale sans pitié.
    Hélène, en quête d'elle-même et d'absolu, transgresse la loi masculine qui s'octroie les mérites sur toutes sortes d'exploits.
    Deux histoires qui se percutent à défaut de se rencontrer.
    De leur immanence sont nées des pensées éthérées qui les propulsent tous trois dans une inexorable ascension, au-dessus des nuages, tout en haut du ciel.

  • Euphorismes

    Michel Luneau

    On a beau avoir une vie bien rangée, on finit toujours par la perdre.
    Celui qui a inventé l'eau tiède, a-t-il chauffé l'eau froide ou refroidi l'eau chaude ? Poète, romancier Michel Luneau s'est adonné sur le tard, avec Minimales et Maximiennes (Climats, 2002) à limer des petits bouts de phrases. Fallait-il les baptiser adages, aphorismes, apophtegmes, formules, maximes, pensées, préceptes, sentences ? Tous comptes faits il a préféré néologiser et cela donne : Euphorismes.

  • La terre est le tombeau de l'homme et le berceau de l'arbre.
    Les dames de petite vertu, ont-elles la foi, l'espérance ou la charité ? Etre saint et sauf : incompatible. Je garde pour mon chien le chirurgien de ma chienne. La fin des certitudes calme la faim de l'absolu. Plus on approche de la mort et plus on est sur le qui-vive. Passionné d'art contemporain (il a créé le Centre d'art de la Rairie), poète, romancier, Michel Luneau a réuni en un seul volume avec nombre d'inédits, les aphorismes qu'il a sélectionnés parmi ses derniers opuscules Minimales et Maximiennes, Euphorismes, Transmission de pensées.
    Il n'est interdit ni d'acquiescer, ni de contester, ni de détester, ni de sourire. Pour l'auteur, la seule punition serait votre indifférence.

  • Gabriel, archange

    Michel Luneau

    De la vie à la mort, un amour paternel et filial en dents de scie, longtemps soumis à de violents affrontements, finira dans une tendresse désespérée. Ecrivain, éditeur et passionné d'art, l'auteur a reçu le prix Sainte-Beuve en 1983 et le prix du roman de la Société des gens de lettres en 1991.

  • "je suis mort, mort et enterré. ca fait drôle", commence le récit. il fallait de l'humour, noir bien sûr mais aussi de la tendresse, de l'indignation, de la curiosité, et une bonne dose d'éducation religieuse à l'ancienne, pour raconter, comme dans un roman, les aventures souterraines de ce mort ordinaire en attente de jugement et si possible de résurrection.

    Les "chroniques de la vie d'en dessous" s'inscrivent naturellement dans la poétique de cet auteur, qui a fait de la folie, du sang, de sexe et de la mort ses quatre points cardinaux.

  • Folle alliee

    Michel Luneau

    Daniel, dix-sept ans, s'aperçoit que sa mère a des comportements étranges : elle joue, par exemple, avec le feu, au sens propre de l'expression. va-t-elle devenir folle, et d'où vient ce "haut mal" dont elle est victime ? c'est un mystère du fonctionnement du corps. s'il est fasciné par maryvonne, jeune médecin psychiatre qui travaille à l'hôpital où sa mère est soignée, n'est-ce pas un peu parce qu'elle détient les clefs d'un savoir qu'il voudrait posséder ? maryvonne - de dix ans son aînée - est séduite de son côté par l'innocence du garçon. cependant, à peine l'amour a-t-il commencé de modifier la sensibilité de daniel, se produit un nouveau drame : la mort du père. ce deuil sera le véritable électrochoc qui guérira la mère et arrachera le fils aux fantasmes de l'adolescence. michel luneau nous offre ici un roman d'apprentissage, dans lequel l'attention au monde extérieur se double d'une interrogation passionnante sur cette "vie du dedans" dont l'auteur s'était fait le poète dans son {mémorial du sang}.

  • On le sait : nous abritons des personnages par dizaines et centaines. {Le Mémorial du sang} en fait l'extraordinaire inventaire. Chacun, qu'il soit muscle ou organe, a sa manière d'être, son orgueil, sa volonté. Par exemple le cerveau : un chef, dont les intérêts ne sont pas toujours, loin s'en faut, ceux du coeur. Le sang ? De tous les éléments qui font le corps et l'esprit, le plus important. Intercesseur, il est à la fois mémoire, interrogation, exigence... Sur le thème du sang, Michel Luneau a écrit un drame d'une absolue originalité. Nous entrons sans obstacle dans le monde où, entre la tempe et l'aorte, la clavicule et le poumon, nous retrouvons nos préoccupations, nos hantises, nos valeurs. Ce sang ne se contente pas d'irriguer, il est personnage de roman. Il dialogue avec le cerveau et revendique une vie psychique qui lui est propre, ce sang est, si l'on peut dire, de notre temps. Il l'est encore quand, à cause de lui, se pose un problème que nous n'aurons aucune peine à transposer : comment réaliser l'unité du corps en respectant chacun dans sa différence mais en exigeant un minimum de sens collectif ? Il l'est enfin quand, établissant que le sang de l'autre est le salut, il parle de solitude et se découvre dans l'amour.

  • Pour Michel Luneau, qui entonna jadis {le Cantique des organes} et poursuit, depuis son {Mémorial du sang}, une légende fantastique du corps, le sexe est une personne, avec son caractère et ses particularités, qui analyse ses états d'âme, ses ambitions, ses défaites, ses frayeurs. Il nous parle avec naturel et simplicité et rejette petit à petit les tabous dont on l'entoure et les clichés qui lui collent à la peau. Ecoutez : Je suis le membre. L'organe mâle. Le dépositaire du sacré. Il n'y a dans le corps que le cerveau et moi, comme un roi et son bouffon agitant une feuille de vigne. Prêterai-je à sourire si je dis que certains soirs, moi, le sexe, j'ai le coeur gros. Quand un sexe peut-il prendre sa retraite ? C'est selon. Cette phrase, enfin, qui illustre tout à la fois l'humour et la dérision avec lesquelles le {Sexe-Je} demande, après tant de siècles, un peu d'amitié vraie : Je suis le clochard du corps. Un petit écu, messieurs dames ! {Sexe-Je}, l'émotion, la cocasserie, l'effronterie et la pudeur, comme les reines de ce texte étonnant.

  • Voiture 13, place 64

    Michel Luneau

    Imaginez.
    Assis dans le TGV Atlantique depuis deux heures, vous éprouvez le besoin de vous dégourdir les jambes et de boire un café filtre. Pour accéder à la voiture-bar, il vous faut, vite, très vite, passer par le wagon fumeurs. Et là, sur votre gauche, à la dernière place isolée, somnole un homme jeune qui ressemble à s'y méprendre au fils que vous avez perdu et dont le deuil est si difficile à faire. Impossible d'inventer pareille ressemblance, c'est lui, trait pour trait.
    Le choc sera terrible. En sortant du train, vous êtes à quelques mètres et auriez pu lui parler sans cette malencontreuse bousculade... Dès lors, jour et nuit, vous serez sur sa trace, multiplierez signes et stratagèmes et n'aurez de cesse de le retrouver. Mais, en fin de compte, retrouver qui ?

  • Avis de passage

    Michel Luneau

    " Nous sommes le samedi 28 juin.
    Ma femme et moi partons aujourd'hui pour la Grèce. Circuit de dix-huit jours. Décollage à 15 heures. Il est midi. Je prends mon courrier. Un avis de passage m'indique que le facteur est passé chez moi ce matin même à 11 h 15 pour me remettre en mains propres une lettre recommandée avec accusé de réception, et qu'il a trouvé porte close. Le bureau de la poste étant fermé le samedi après-midi, je suis invité à ne retirer ma lettre qu'à partir de 14 heures, lundi 30 juin.
    Je serai loin. " La vivacité savoureuse de la narration, sa vigueur et sa drôlerie rappellent toute la maîtrise de Michel Luneau - artiste du mot - à jongler entre récit, autofiction, prose et aphorisme, et à transformer un fait anodin en comédie. Le narrateur vivra cette situation jusqu'au burlesque avant de revenir à l'essentiel.

  • Après Minimales et Maximiennes puis Euphorismes, Transmissions de pensées est le dernier recueil d'aphorismes de Michel Luneau.
    Il prévient qu'il n'en écrira plus, craignant, avec sagesse, que l'esprit ne finisse par manquer de sel, la causticité de mordant et l'humour de pigments noirs.

  • Rare, l'écrivain qui vit de sa plume.
    Le plus souvent, comme celui dans la peau duquel Michel Luneau s'est glissé, il exerce une activité professionnelle plus ou moins passionnante et lucrative. En ce qui le concerne, c'est plus, beaucoup plus que moins. Il dirige, en effet, à Pans, une agence de publicité en vogue. Ce qui ne l'empêche pas d'être, depuis toujours, dévoré par le démon de l'écriture. Tous les trois ou quatre ans, il s'attaque à un nouvel ouvrage, et s'accorde une dizaine de jours dans un lieu connu seulement de ses proches, pour ne penser qu'à ça, " lancer la machine ", écrire jusqu'à plus soif, loin de toutes les publicités du monde.
    Lorsque commence le livre, nous sommes au moment précis où se pose pour l'auteur le choix du lieu. Ce qui ne sera pas, comme bien l'on pense, sans conséquences sur la teneur du futur roman.

  • Paroles d'arbre

    ,

    • Climats
    • 1 Novembre 2003

    Pour la première fois, un arbre nous raconte sa vie. Celui-ci partageait depuis plus de deux cents ans l'existence d'un domaine soudain mis en vente.Va-t-on l'abattre pour libérer la place qu'il occupe ? Sous une grande simplicité d'apparence, les pensées d'un arbre sont complexes et tumultueuses. Les peintures de Tony Soulié accompagnent les textes de Michel Luneau dans ce voyage au coeur des fibres. Le lecteur est ainsi invité à partager l'amour que l'arbre porte à la maison qui l'a vu naître. Il succombe comme lui à la passion des oiseaux, découvre les goûts, les désirs et les peurs de ces géants préhistoriques menacés par le monde moderne.

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