La Belle Colere

  • Pythagore Luchon a 15 ans. Il habite dans la ville de Loiret-en-Retz et s'apprête à entrer en seconde pour une année scolaire sans surprise : travailler - un peu -, écouter de la musique - souvent -, draguer les filles autant que cela lui sera possible, et notamment à l'occasion de la prochaine fête de rentrée pendant laquelle il officiera comme DJ. Il ne se fait aucune illusion sur les railleries qu'il devra endurer au sujet de sa mère - prof de maths au lycée -, ni sur la peine que lui causeront ses passages à l'hôpital pour rendre visite à son père - brillant chercheur en physique quantique, plongé dans le coma à la suite d'une agression. Toutefois, une chose le réjouit : il va bientôt retrouver Louise, sa meilleure amie, la fille du gardien du lycée.
    Le jour de la rentrée, Pythagore découvre que Louise a apparemment décidé de se passer de leur amitié. Elle s'est liée à une nouvelle élève du nom de Foresta Erivan, dont la présence à ses côtés est d'autant plus intrigante que les deux filles n'ont rien en commun. Louise est une geek passionnée de sciences et d'ingénierie, tandis que la nouvelle élève affiche un look d'un autre genre : elle a les cheveux rouges, s'habille toujours en noir, souvent en cuir, et distribue des gifles à ceux dont elle n'apprécie pas le comportement. À son contact, Louise s'isole de ses anciens amis, se désintéresse de son travail et commence à sécher les cours. Pythagore déplore silencieusement la présence de cette nouvelle élève qui l'irrite autant qu'elle l'attire, jusqu'à ce qu'elle débarque chez lui en pleine nuit pour lui annoncer la disparition de Louise. Elle lui explique que, pour la retrouver, ils doivent passer par ce qu'elle appelle l'« angle mort » des miroirs. Pyth la suit sans se douter qu'il est sur le point de basculer dans un monde parallèle - le monde dans lequel Foresta a grandi, et où Louise est sur le point de se perdre.

  • « Je m'appelais Jude. Ils m'ont appelé Judy. J'étais magnifique quand même. Tout le monde voulait me briser. Mais les étoiles ne se brisent pas, elles explosent. Et j'étais la supernova ultime. » Jude est un collégien atypique. Une star digne de l'âge d'or du cinéma. Alors qu'il prépare sa fuite vers un destin glorieux sur le tapis rouge de son sous-sol, rendu aveugle au monde qui l'entoure et à ses figurants par les flashs des paparazzis, Jude sait qu'il doit déclarer sa flamme à Luke et ainsi, précipiter sa fin.
    Inspiré d'une histoire vraie, ce roman est un tourbillon, une oeuvre sans tabou basée sur un drame commun. C'est une vie projetée sur grand écran, un long-métrage trash où le sexe, la drogue et l'alcool maquillent le désespoir d'une existence bataillant pour grandir. Raziel Reid livre un récit à l'écriture directe qui se joue des genres et des sexualités, pour porter son héros en martyr étincelant dans un monde où aucune différence n'a le droit de briller.

    « Ce livre va vous choquer, mais de la meilleure des façons possibles. » The Guardian Né en 1990, Raziel Reid est un romancier canadien proche de la cause LGBT. Après des études de cinéma à la New Film Academy, il publie son premier roman, Un jour, je serai trop célèbre, qui fera de lui, à 24 ans, le plus précoce lauréat du prestigieux Governor General's Award. Il vit aujourd'hui à Vancouver, où il anime un atelier d'écriture consacré à la littérature young adult. Après un deuxième roman, Kens, publié en 2018, il travaille actuellement à l'écriture de Followers dont la parution est attendue pour 2020.

  • Suite à la grande victoire que Pythagore remporte aux côtés des Adjinns, le père du garçon sort enfin du coma. Comme celui-ci risque d'être capturé par les garde-fous, Pyth et Louise doivent l'exfiltrer d'urgence du monde superposé. Ils reçoivent l'aide d'une nouvelle venue, Atttila, troublante agent-double à l'allure androgyne.
    De son côté, Foresta accompagne les rebelles dans la poursuite de leur guerre : les Adjinns s'apprêtent à envahir l'immense forêt d'Emerlynd, un bagne à ciel ouvert où, depuis des siècles, leurs frères sont torturés. Les chemins des trois héros se rejoignent lorsque Louise et Pythagore découvrent le secret qui hante cette terre du bout du monde. Seront-ils en mesure de faire basculer l'équilibre des forces ?
    Les destins de chacun vont se mêler au coeur de cette terre aussi dangereuse qu'énigmatique. Tous les mystères seront dénoués et notamment, celui que poursuit le père de Pythagore depuis des années dans le cadre du Projet Starpoint : le secret de la matière.
    L'auteur.

    De nombreux enfants grandissent avec un ami imaginaire. Marie-Lorna Vaconsin, elle, s'était inventé un univers où elle se réfugiait avec sa plus jeune soeur pour y vivre des aventures sous la forme d'un jeu de rôle élaboré. Bien des années après, au cours d'études (hypokhâgne et khâgne au lycée Henri-IV), Marie-Lorna n'abandonne pas complètement son goût pour les mondes parallèles ; ses sujets de recherche s'en trouvent fortement influencés - « Le monde imaginaire chez Jean Genet ». Adulte, elle explore une nouvelle forme de création en ouvrant des restaurants avec sa soeur. Et heureusement pour nous, dans le reflet d'une fenêtre, elle retrouve le chemin de cet autre monde qui avait continué de croître, niché dans son inconscient. Le Projet Starpoint est né. Ceci est le troisième et dernier tome de la série.

  • Bien qu'il soit sorti du coma, le père de Pythagore erre dans un état somnambulique. Pyth cherche un moyen de le sauver, mais un danger plus pressant le guette : Louise et lui ont été enrôlés de force par les Garde-Fous qui les contraignent à exécuter leurs basses besognes. Dans le monde de Foresta, la bataille pour les matières premières du Sublittoral bat son plein et une nouvelle force fait son apparition dans un contexte déjà tendu. Les Adjinns, métis aux sangs mêlés, capables de construire des ponts entre deux dimensions, se révoltent contre leur ennemi traditionnel, les Garde-Fous. Coincés dans un conflit qui les dépasse, Pyth et Louise ont de plus en plus de mal à jouer les adolescents ordinaires au lycée. Pour Pyth, la normalité a un goût d'autant plus amer que, parmi les nombreux défis qui se présentent à lui, il en est un qui lui semble insurmontable : Foresta lui manque et il n'a aucune idée de l'endroit où elle se trouve, dans ce monde comme dans l'autre.L'auteur.De nombreux enfants grandissent avec un ami imaginaire. Marie-Lorna Vaconsin, elle, s'était inventé un univers où elle se réfugiait avec sa plus jeune soeur pour y vivre des aventures sous la forme d'un jeu de rôle élaboré. Bien des années après, au cours d'études (hypokhâgne et khâgne au lycée Henri-IV), Marie-Lorna n'abandonne pas complètement son goût pour les mondes parallèles ses sujets de recherche s'en trouvent fortement influencés - « Le monde imaginaire chez Jean Genet ». Adulte, elle explore une nouvelle forme de création en ouvrant des restaurants avec sa soeur. Et heureusement pour nous, dans le reflet d'une fenêtre, elle retrouve le chemin de cet autre monde qui avait continué de croître, niché dans son inconscient. Le Projet Starpoint est né.

  • New York, hôpital Hilltop. Richard Casey aura bientôt 18 ans.Comme tous les adolescents, il voudrait faire la fête, draguer, tomber amoureux. La différence, c'est que Richard sait qu'il ne fêtera jamais ses 19 ans. il est un peu plus pressé que les autres et pour vivre fort, il lui faut déjouer les pièges de tous ceux qui préféreraient le voir vivre un peu plus longtemps. Heureusement, Richard a de la ressource, du courage et un solide sens de l'humour. Et si Dieu le déteste, il est prêt à rendre coup pour coup. Vous n'êtes pas près d'oublier Richard Casey, comment il mena une révolution contre le corps médical, se glissa dans les draps de la jolie fille de la 302, réussit une évasion périlleuse avec la complicité d'un oncle dysfonctionnel, et joua finalement son destin au poker, dans un des plus beaux bluffs jamais montés contre le sort.

  • Un été 42

    Herman Raucher

    « Ce roman est la première réédition dans La belle colère. Depuis le début, nous souhaitions proposer dans le catalogue un classique à redécouvrir pour réaffirmer que notre aventure s'inscrit dans une longue tradition littéraire. Celle que les Français nomment roman d'apprentissage (mais L'Éducation sentimentale n'est pas encore retombée dans l'oubli), la même que les Allemands nomment Bildungsroman (mais Les Désarrois de l'élève Törless n'est pas si rare en librairie), la famille romanesque que les Américains appellent coming-of-age (mais les lumineux Tom, Huck ou Holden ne sont pas franchement passés de mode).
    C'est Benoît Virot qui nous signalé qu'un des plus vigoureux romans d'apprentissage américain était épuisé en France. Une lecture plus loin, nous lui proposions de faire une infidélité au Nouvel Attila pour éditer sous notre bannière le flamboyant Un été 42.

    Herman Raucher était scénariste et romancier. Un été 42 est son histoire, il en écrivit le script et le roman en parallèle. Et si le roman est une oeuvre plus aboutie, je vous engage tout de même à fredonner la célèbre musique de Michel Legrand pour retrouver Herbert et ses deux compères, Oscy et Benjie, sur l'île de Nantucket. Ils vont y vivre un été inoubliable, bien décidés qu'à quinze ans il est temps de devenir des hommes. Dans ce projet aussi ambitieux que nébuleux, ils sont guidés par deux intuitions : la première est que tout se joue dans les bras des filles, la seconde est que leur amitié les sauvera toujours. Tandis que, de l'autre côté de l'océan, des hommes à peine moins jeunes qu'eux sont emportés dans le fracas des armes, nos adolescents insouciants s'essaient à la tendre guerre. Premiers désirs, premières amours, premières blessures, ils deviendront bien des hommes, en cet été 42. » Stephen Carrière et Dominique Bordes

  • La fin

    Mats Strandberg

    Vous avez dix-sept ans, c'est l'été. En apparence, la vie suit son cours. Sauf que tout le monde sait. Dans un peu plus d'un mois, une comète va percuter la terre, et ce sera la fin.

    Comment passerez-vous les dernières semaines ? Que voulez vous dire à ceux que vous aimez ? Qu'est-ce que cela change de connaître la date de votre mort ? Puisque tout le monde va mourir bientôt, est-ce qu'une vie de plus ou de moins a de l'importance ?

    LA FIN est une histoire d'amour aux accents de thriller. Le roman raconte l'histoire de deux adolescents solitaires privés de futur. Une tragédie les unit et ils décident de résoudre ensemble un mystère. Trouveront-ils les réponses qu'ils poursuivent avant que le ciel ne s'enflamme et que les océans ne s'évaporent ?

  • En 1998, Laurie Halse Anderson, jusque-là auteur pour enfants, est réveillée par les sanglots d'une jeune fille. Dans la maison, ses enfants dorment à poings fermés ; c'est un cauchemar qui a réussi à la tirer du sommeil. Répondant au besoin de se vider l'esprit des pensées sombres qui s'y agitent, Laurie attrape un carnet et y couche le brouillon d'une histoire, celle d'une jeune fille qui ne parle plus depuis un terrible crépuscule d'été.
    Une fois sa mission accomplie, elle retourne se coucher. Laurie Anderson ne fit plus jamais ce mauvais rêve qui allait pourtant changer sa vie l'année suivante quand les notes seraient devenues un roman vendu à plusieurs millions d'exemplaires, un film hollywoodien (avec Kristen Stewart en 2004), de nombreuses nominations et récompenses, et plus de 30 traductions, Vous parler de ça n'est pas simplement un premier roman bouleversant. C'est un phénomène de société, c'est un sujet de conversation, c'est un étendard, c'est un livre capable de changer la vie de celles qui le lisent, et il est pour la première fois traduit en français.

  • Durant l'une des séances chez son psy, Graig Gilner apprend qu'il existe une maladie mentale appelée le syndrome d'Ondine : ceux qui en souffrent oublient de respirer ; pour ne pas mourir asphyxiés, ils doivent se répéter sans cesse « respire, respire, respire ». La dépression, Graig va en faire l'expérience, c'est ce qui arrive quand on oublie de vivre.
      Comme beaucoup d'adolescents, Graig est bien décidé à réussir sa vie. Il intègre l'une des plus prestigieuses prépas de New York, de celles qui font de vous un homme important et assurent votre avenir. Seulement, au bout d'un an, il ne mange plus, ne dort plus, n'arrive plus à se lever, pense sans arrêt à ses devoirs, ses exams et à la jolie copine de son meilleur ami. Pour faire front à tout ça, il ne trouve d'autre solution que de fumer de l'herbe en glandant pendant des heures. Graig est pris dans une spirale d'anxiété, d'inquiétudes, de peurs qui l'acculent et le paralysent. Comment en est-il arrivé là ? Comment est-on poussé au point où la pression se fait tellement forte et nous, si faibles que la seule solution qui s'offre à nous, c'est d'en finir ? Dans ce roman tendre et émouvant, inspiré d'un séjour qu'il a effectué en hôpital psychiatrique, Ned Vizzini aborde ses propres démons, son long combat contre cette maladie qui l'accable depuis des années. D'un sujet aussi délicat et tabou que la dépression adolescente, Vizzini crée un livre tout à la fois drôle et empreint d'espoir.
     

  • C'est l'histoire d'une fille qui ne veut pas aller au bal de promo, d'un apprenti poète qui l'a épousée pour trouver l'inspiration, et d'un petit garçon rondouillard qui, à défaut d'être cow-boy de l'espace, est ravi de tracer la route en camping-car avec eux.
    L'équipée sauvage d'Hester Louise Day s'annonce comme un fiasco épique. Parce que la famille, même bricolée, ce n'est jamais un long fleuve tranquille, surtout quand on est recherché par la police et le FBI. Il faut dire que, quand Jethro, son cousin de dix ans, s'est invité dans son road trip, Hester n'a pas réfléchi aux conséquences. Mais ce n'est pas trop son fort, les conséquences. Hester a pris la route parce qu'elle ne sait pas ce qu'elle veut. Ça ne la dérange pas d'être rattrapée, mais pas tout de suite, pas trop vite. Avant cela, il y a des paysages sublimes à traverser, des rencontres inoubliables à faire, des éclats de rire et de colère, un peu d'amour ce serait bien, même si son jeune époux, Fenton Flaherty, n'est pas un grand sentimental. Un peu de sexe alors, à défaut d'amour. Un peu de rêve, un peu d'oxygène... Bref, une ballade belle et mélancolique comme celles dont on fait les grands blues.

  • Lia et Cassie étaient meilleures amies depuis l'école primaire, chacune a développé son propre trouble alimentaire qui ne les mène nulle part si ce n'est au désastre. Les « filles de l'hiver », prisonnières de glace dans des corps fragiles, et concurrentes dans la course mortelle à la minceur. Maintenant qu'elles ont 18 ans, elle se sont éloignées l'une de l'autre. Malgré ça, Cassie a appelé Lia 33 fois la nuit de sa mort. Celle-ci n'a jamais répondu. Lia se retrouve seule, hantée par le souvenir de son amie, ravagée par la culpabilité de n'avoir pas pu la sauver, obsédée par son besoin d'être mince, et son combat pour accepter son corps. Le tout se mèle dans un monologue intérieur presque poétique piégé dans une narration étonnamment vive et juste. Dans son roman le plus émouvant depuis Vous parler de ça, Laurie Halse Anderson explore le combat d'une jeune fille, son chemin douloureux vers la guérison, et ses tentatives désespérées pour se raccrocher à ce qui est le plus important : l'espoir. Ce qui nous intéresse finalement n'est pas ce qui lui se passe à la fin mais bien le voyage que nous entreprenons aux côtés de Lia dans sa lente agonie, sa douleur inexplicable et sa tentative de donner un sens à sa vie.

    « Un roman traitant d'un problème adolescent devient un portrait dévastateur de l'aveuglement extrême de soi-même dans cette déconstruction poétique et brutale d'une fille qui  tombe lentement dans les profondeurs de l'anorexie. » - Booklist   "Difficile de trouver dans la fiction contemporaine pour adultes un roman qui pousse les émotions si loin, et difficile de penser à un livre écrit ces dernières années qui ait un style si brut. C'est un livre qu'on n'oubliera pas de si tôt." - Melvin Burgess, The Guardian    

  • Quand Ella Newhall avait seize ans, elle appartenait à une bande qui s'était donné le nom des « Cinq sans peur ». Max, Corey, Fallon, Zane et elle passaient leurs vacances à faire du vélo, explorer l'île de la baie et frissonner en écoutant les histoires terrifiantes que leur racontait Jessica, la soeur aînée de Max. Ils ne le savaient pas, mais c'était la plus belle époque de leur vie.
    Et puis Jessica est morte, renversée par un bus qui roulait trop vite.
    Quatre ans plus tard, Max est devenu un fils à papa fainéant et camé. Corey déprime dans son coin, prisonnier de ses pensées morbides. Fallon est enceinte de huit mois, à la suite d'une aventure d'un soir. Et Zane est devenu le voyou du coin. Ella, à présent plus connue sous le surnom « le Volcan », poursuit sous les encouragements de la presse locale le rêve d'une médaille olympique sur les pistes de course. Il est bien loin, le temps où ils étaient « sans peur ». La seule chose qu'ils partagent encore est une envie dévorante de revanche.
    Inspirée par les histoires d'horreur que leur racontait Jessica, la bande se reforme, et ses membres décident de se venger de tous ceux qu'ils estiment coupables d'avoir gâché leur adolescence. Ils vont découvrir que le vieux proverbe dit vrai : « Quand tu décides de te venger, creuse deux tombes, une pour ton ennemi et une pour toi. »

  • À 17 ans, Jasper James Wolf n'a, comme son nom l'indique, rien d'un agneau. Son projet de roman mis à part, ses centres d'intérêt se résument aux fêtes, à l'alcool, la drogue, le sexe sans lendemain et les sites porno. À cet âge décisif où l'avenir reste entièrement à construire, Jasper, lui, a d'autres priorités : s'éclater avec sa bande de potes, coucher avec la plus jolie fille du bahut et faire accuser son beau-père du meurtre de son ex-femme. Jasper ne reculera devant rien pour parvenir à ses fins : mensonges à répétition, plans machiavéliques, méchanceté envers ses congénères ; le tout, sans jamais penser à ce que ses actes impliquent pour les autres.
    Et pourtant, derrière son égoïsme, son immaturité et, parfois même, sa cruauté se cache un adolescent sensible, perdu, se raccrochant désespérément à sa jeunesse, préférant s'inventer une vie que de se confronter à la sienne, et craignant par-dessus tout de basculer vers l'âge adulte.
    Dans ce roman acéré, à la fois drôle, tendre et choquant, Ben Brooks dépeint avec brio les émotions et le quotidien d'un ado de la classe moyenne anglaise en mal de repères, cherchant à tromper l'ennui par des excès en tous genres. Bien loin de porter un regard accusateur sur cette génération qui peine à se définir, Ben Brooks creuse sous l'apparente frivolité de certaines pratiques afin de mettre au jour les peurs et les espoirs qui animent une jeunesse incomprise aussi bien par les autres que par elle-même, et qui redoute d'aller de l'avant. Car malgré son immaturité, ses pulsions mythomanes et ses excès, Jasper n'est que trop conscient qu'on n'est jeune que pour un temps.

  • Qui juge de la valeur d'une vie ?
    « Si je ne l'avais pas euthanasié, eh bien il aurait simplement été transféré dans une autre institution. » Dr Valentin Faltlhauser, qui a ordonné le meurtre d'Ernst Lossa, pendant son procès.

    La Brume en août est un roman allemand inspiré d'une histoire vraie. Celle d'Ernst Lossa, assassiné à l'âge de 14 ans dans un hôpital psychiatrique par les nazis parce qu'il était tzigane. Déjà adapté au cinéma en Allemagne :
    Http://www.imdb.com/title/tt4250566 Allemagne, 1933. Ernst Lossa vient d'une famille de Tziganes. Les services sociaux l'arrachent à sa famille et le placent dans un orphelinat. Là, le jeune enfant se débat entre les promesses de revoir ses parents et la difficile adaptation à son nouvel environnement. Quoi qu'il fasse, il est jugé comme un enfant à problèmes car ce qui plane sur lui, c'est le regard des adultes qui le jugent « issu d'une race inférieure ». Il sera transféré plusieurs fois d'institution en institution, jusqu'à être interné dans un hôpital psychiatrique. Commence alors son court voyage vers la mort. Cet enfant, parfaitement sain de corps et d'esprit, gentil, résilient, ne pourra jamais comprendre cette grande faute qu'on lui reproche.
    Après des années de recherches, Robert Domes tisse sur son destin et en son hommage un récit aussi beau que poignant, qui illustre parfaitement une face peu connue de la nazification des esprits dans l'Allemagne des années 1930. Un scandale historique qui aura été largement ignoré à Nuremberg, comme un dossier perdu dans les ténèbres de la Seconde Guerre mondiale.

  • Vite, trop vite

    Phoebe Gloeckner

    « Je ne me souviens pas de ma naissance mais je sais que j'étais un bébé très laid. Comme ça ne s'est pas beaucoup amélioré depuis, j'imagine que je dois m'estimer heureuse si c'est ma jeunesse qui l'attire. » Ainsi commence l'émouvant journal de Minnie Goetze, une adolescente de quinze ans tiraillée par ses angoisses existentielles adolescentes, son égocentrisme et ses pulsions autodestructrices, qui court après la reconnaissance et se précipite un peu vite dans la sexualité. Minnie déteste l'école, rêve de devenir artiste, spéléologue ou barmaid. Alors qu'elle est trop timide et complexée pour adresser la parole aux garçons de son âge, elle couche avec le copain trentenaire de sa mère et essaie de trouver son chemin sans guide, sans défense, et pourtant sans la moindre trace de peur.
    Cette histoire se déroule dans le San Francisco licencieux des années 1970, mais la quête d'émancipation et d'épa-nouissement de Minnie est aussi universelle qu'intemporelle. La satire du monde qui s'y déploie est féroce mais sans complaisance, parce que même si Minnie décrit la société des adultes comme un club aux règles plus que questionnables, c'est un club dont elle entend bien se voir remettre un jour une carte de membre.

  • Cela fait cinq ans que Hayley Kincain vit en nomade, ne pouvant poser nulle part son bagage très longtemps, parce que son père, Andy, fuit les démons qui l'assaillent depuis qu'il est revenu de la guerre d'Irak.
    Les voilà de retour dans la ville natale de ce père torturé, qui souhaite tout de même que sa fille puisse reprendre une vie scolaire normale.
    Et voici que s'offre à Hayley les plus intoxicants des espoirs : vivre comme les autres adolescents de son âge, mettre enfin derrière elle ses propres souvenirs douloureux et, pourquoi pas, laisser une chance à son histoire avec Finn, le garçon canon qui lui tourne autour et semble partager avec elle le fardeau des secrets de famille.
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    Ce fragile équilibre va reposer sur la capacité du père à guérir de son syndrome post-traumatique. Mais les monstres tapis dans la mémoire d'Andy sont assez puissants pour l'entraîner en enfer au moindre faux pas. Entraînera-t-il sa fille dans sa chute ? Quelle place doit-elle tenir dans ce combat ?

    Ma mémoire est un couteau est le roman le plus captivant de Laurie Halse Anderson, un suspense psychologique haletant se dégage de ce livre gorgé d'humanité, qui a connu un énorme succès aux États-Unis. En 2014, ce roman a été nominé pour le plus prestigieux prix littéraire américain, le National Book Award.

  • MARLENA

    Julie Buntin

    À trente-cinq ans, la vie de Cat est au point mort. Employée, en couple et sans enfant, elle lutte chaque jour pour ne pas sombrer dans l'alcool, tant son esprit est hanté par les fantômes du passé.

    Vingt ans plus tôt, Marlena est morte. La belle, la fonçeuse et accro aux cachetons Marlena est morte quelque part dans une forêt du Michigan. Marlena, sa meilleure amie, son seul repère dans une existence fracassée par les trahisons : un déménagement, le divorce de ses parents, l'abandon du père, la résignation de la mère, les adieux à un brillant avenir.

    Quand Sal, le petit frère maintenant adulte de Marlena, la contacte pour en apprendre plus sur sa soeur, Cat se force à revivre cette époque trouble, la litanie de ses premières fois - première bière, première cigarette, premier baiser, première pilule - et cette amitié aussi passionnelle que toxique. Pour quelle raison exactement ? Savoir qui était vraiment Marlena? Comprendre pourquoi est-elle morte ? Chercher des réponses qui n'existent pas ?

    Par un fascinant jeu d'échos entre présent et passé, Julie Buntin, dans la lignée d'Emma Cline ou Celeste Ng, nous offre une profonde réflexion sur ce qui nous façonne et nous détruit à cet âge où l'insouciance est à la fois notre meilleur et notre pire ennemi, et où même au bord de l'abîme tout semble encore possible.

    Acclamé aux États-Unis, Marlena est le premier roman de Julie Buntin.

  • Lolito

    Ben Brooks

    Etgar a la vie devant lui mais ne veut rien en faire. Etgar a des problèmes d'ado et des peurs adultes. Etgar veut seulement regarder des documentaires et des comédies, mais ne peut s'empêcher de cliquer sur les vidéos virales les plus sadiques. Etgar est encore un gamin, mais écrit déjà des lettres imaginaires à ses propres enfants à ne pas naître. Etgar n'aimerait boire que du thé, mais s'enfile bière sur bière.
    Les amis d'Etgar pleurent, comme lui, mais lorsqu'ils discutent, c'est toujours en rigolant. Il parcourt les rues grises de sa ville, mais c'est sur Internet qu'Etgar est trahi. C'est aussi là qu'il va découvrir l'amour, un amour chaleureux et étrange, dans le confort d'une femme mûre, aussi impuissante face à la vie que lui. Lolito c'est L'Attrape-coeurs avec connexion haut débit, un Wes Anderson cauchemardesque et un roman d'apprentissage 2.0.
    Lolito est une merveille écrite par l'un des meilleurs chroniqueurs de sa génération, loué par Nick Cave et acclamé par la critique britannique.

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