• Le prophète et la pandémie ; du Moyen-Orient au jihadisme d'atmosphère Nouv.

    L'AN 2020, marqué par la Covid-19 et l'effondrement du marché pétrolier, est celui de tous les bouleversements depuis le Moyen- Orient jusqu'aux banlieues de l'Europe.
    Le conflit israélo-palestinien se fragmente avec, d'un côté, un pacte portant le nom du prophète Abraham, qui va des États-Unis à Abou Dhabi au Maroc et au Soudan en passant par Israël, agrège l'Égypte et l'Arabie, et lorgne l'Irak ; de l'autre « l'axe fréro-chiite » qui rassemble Gaza, Qatar, Turquie et Iran, avec le soutien ponctuel de la Russie.
    Dans ces convulsions sismiques, Beyrouth explose, réfugiés et clandestins affluent en Europe, et le président turc Erdogan tente de refaire d'Istanbul le centre de l'islam mondial.
    Enfin, le terrorisme frappe de nouveau, en France et en Autriche, au nom d'un jihadisme sans organisation. Il s'appuie sur une atmosphère créée par des entrepreneurs de colère, mobilisant foules et réseaux sociaux du monde musulman pour venger leur prophète face à l'Occident - tandis que Joe Biden doit restaurer la confiance des alliés de l'Amérique.

    Poursuivant la réflexion engagée dans Sortir du chaos, succès français et international, Gilles Kepel propose, cartes et chronologie à l'appui, la mise en perspective indispensable de l'actualité pour comprendre et anticiper les grandes transformations de demain.

  • La conviction qui nous anime en prenant aujourd'hui la parole, c'est que plutôt que de se taire par peur d'ajouter des polémiques à la confusion, le devoir des milieux universitaires et académiques est de rendre à nouveau possible la discussion scientifique et de la publier dans l'espace public, seule voie pour retisser un lien de confiance entre le savoir et les citoyens, lui-même indispensable à la survie de nos démocraties. La stratégie de l'omerta n'est pas la bonne. Notre conviction est au contraire que le sort de la démocratie dépendra très largement des forces de résistance du monde savant et de sa capacité à se faire entendre dans les débats politiques cruciaux qui vont devoir se mener, dans les mois et les années qui viennent, autour de la santé et de l'avenir du vivant.

  • « L'innombrable, c'est celui qui ne profite pas de la fameuse liberté d'expression devenue la valeur majeure de la république. C'est celui à qui elle ne s'applique pas. Qui porte un invisible bâillon. Un des noms de ce bâillon est : légitimité. C'est très compliqué, cette question de l'accès à la parole, orale, écrite. De se sentir légitime, ou interdit. Qui la donne, la légitimité ? Et comment vit-on l'illégitimité ?
    La vraie inégalité est là. Entre ceux qui ont un accès à la parole et ceux qui ne l'ont pas. » Dans ce nouveau tract, Danièle Sallenave prolonge la réflexion engagée avec Jojo, le Gilet jaune, en s'interrogeant sur ce qu'est devenu l'exercice réel de la liberté d'expression dans notre société démocratique, avec cette question centrale, angoissante : qu'est-ce qu'un droit reconnu, garanti par la loi, mais qui ne s'applique pas ? Ou ne s'applique qu'à une minorité et sous conditions ?

  • Etre patriote, en ce moment charnière, demande du courage et de l'imagination. Notre démocratie est en haillons, nos procédures de vote sont cassées, notre langage abîmé, notre discours politique réduit à des cris de haine. On ne pourra même pas dire, comme Sartre jadis, "Jamais nous n'avons été aussi libres que sous l'Occupation". Au contraire, jamais il n'a paru si terriblement difficile de résister.
    Nous, Américains, ne pouvons plus nous cacher derrière l'illusion d'être une démocratie par essence ou par prédestination. La démocratie, cela se mérite.

  • À compter du 16 mai 2007, j'étais seul. Bien sûr, il y avait le peuple français, mais sa force collective ne s'exprime pas dans le quotidien des décisions à prendre, ou des nominations à effectuer. J'avais une équipe, des conseillers, des amis, des visiteurs du soir, mais j'étais seul à prendre et à assumer la décision finale. C'est le premier sentiment qui m'a envahi après avoir raccompagné Jacques Chirac à sa voiture et être remonté dans le bureau présidentiel qui était devenu le mien pour les cinq années à venir. Je l'avais voulu, espéré, rêvé. Maintenant j'y étais. Comment ne pas décevoir tous les Français qui venaient de me faire confiance ? Qu'est ce qui m'attendait ? J'ai fermé les yeux. Tout d'un coup, la gravité et, surtout, la solitude propre à la fonction me tombaient sur les épaules. C'était plus brutal que je ne l'avais imaginé. Soudain, mon passé avait disparu comme s'il n'avait jamais existé, seuls comptaient désormais le présent et l'avenir. C'était vertigineux, tellement fort que cela ne provoquait bizarrement aucune excitation intérieure. J'étais tout à la fois calme et parfaitement conscient d'être au bord d'un précipice.

  • "Nous étions Q, dans James Bond. Et tellement plus." Jonna. CIA, Washington ;

    "Ils m'ont demandé de devenir quelqu'un d'autre, une Allemande du nom d'Ima Ackerman." Ludmila. KGB, Moscou ;

    "S'ils avaient découvert notre chargement, nous n'aurions pas eu d'autre choix que de les tuer." Yola. Mossa, Tel Aviv ;

    "Au début, j'ai espionné par amour. Mais après, par idéologie" Gabriele. Stasi, Munich ;

    1 autre édition :

  • Sans la liberté

    François Sureau

    « Personne d'autre que le citoyen libre n'a qualité pour juger de l'emploi qu'il fait de sa liberté, sauf à voir celle-ci disparaître. Ainsi la loi ne peut-elle permettre à l'État de restreindre abusivement la liberté d'aller et venir, de manifester, de faire connaître une opinion, de s'informer, de penser pour finir. » Lorsque Chateaubriand déclare que « sans la liberté il n'y a rien dans le monde », ce n'est pas seulement un propos de littérateur. Il exprime cette vérité trop souvent oubliée que « sans la liberté », il n'y a pas de société politique, seulement le néant de ces individus isolés auquel l'État, porté à l'autoritarisme et à l'ordre moral, a cessé d'appartenir. Tel est bien le danger de la démocratie moderne que François Sureau s'emploie ici à désigner tant dans nos moeurs sociales que dans notre vie politique et, sans concession, à la lumière de nos responsabilités individuelles et collectives. L'homme est voué à la liberté ; il lui revient continûment, avec « patience et souffle », d'en reformuler le projet politique et de n'y rien céder.

  • « Le sujet de cette conférence est le devenir des élites. ».

    Le 9 décembre 2019, Juan Branco prononce ce discours essentiel devant l'amphithéâtre d'honneur de Polytechnique, rempli de centaines d'étudiants de la plus prestigieuse école supérieure française. Il ouvre ce discours par ces mots : « La République ne vous appartient pas. » Mais loin de culpabiliser les élites en formation, il leur donne les clés pour comprendre les déviances du système actuel, pour que leur vigilance soit maximale ; il dénonce sans concession ceux qui trahissent les valeurs de la République. Il explique comment les écoles du soi-disant mérite sont créés pour reproduire un système de domination au profit de quelques-uns. Il les met face à leurs ambitions futures de citoyens.
    Mais ce discours est aussi adressé à tous les citoyens qui ont droit à la vérité sur un système éducatif dont ils sont avant tout victimes. En s'adressant aux étudiants de Polytechnique, Juan Branco parle en fait à la France entière, qu'il somme de prendre ses responsabilités et de ne pas se soumettre au cynisme et à l'injustice.

    « Est-ce là un monde dans lequel vous souhaitiez vous déployer ? Ou n'est-il pas venu le temps de se lever ? ».

  • Tout a commencé au retour de la foire d'art de Maastricht, après un dîner entre amis - « deux convives qui étaient contaminés mais ne le savaient pas ». Frédéric Mitterrand est indemne, mais son frère aîné présente les symptômes du virus. Après les premiers jours de déni puis d'affolement face à des services hospitaliers pris de court, et malgré l'aide précieuse du médecin de famille et des soignants, s'ouvre une période critique. Elle durera du 9 mars au 28 avril 2020 : cinquante jours de confinement et de réanimation, cinquante jours d'une drôle de guerre où se nouent, sous le soleil trompeur du printemps, l'épreuve intime et le drame collectif.
    Dans la veine mémorialiste qui lui est familière, Frédéric Mitterrand raconte la débâcle à laquelle assistent ses proches et ses semblables, soudain pris au piège d'un présent surréaliste que commentent en continu les médias, l'opinion et les grands de ce monde, tous plongés dans la même incertitude.
    «Vendredi 3 avril. Le virus est comme tout le monde. Il va se refaire une santé l'été prochain en profitant des terrasses, des plages, des apéros festifs et des mariages. Il reviendra tout ragaillardi de ses bonnes vacances pour lancer la deuxième vague.»

  • C'est de l'intérieur que François Cornut-Gentille, député de la Haute-Marne depuis plus de vingt ans, a vécu ce qu'il appelle « la mystérieuse disparition de la force de gouverner ». Il dresse un tableau saisissant de cette impuissance croissante des gouvernements successifs à répondre efficacement aux problèmes du pays, avec les conséquences politiques qui s'ensuivent. La raison fondamentale en est l'impossibilité de s'appuyer sur des diagnostics pertinents et approfondis, montre-t-il. Qu'il s'agisse de l'état réel du système éducatif ou du système sanitaire, de la situation des prisons, des réalités de l'immigration, l'État est aveugle. Il multiplie les gesticulations sous forme de lois d'annonce sans prise sur les questions qu'il prétend traiter. La conclusion s'impose, aux yeux du praticien aguerri de la démocratie qu'est François CornutGentille : l'organisation institutionnelle actuelle ne permet pas de sortir de cette impasse. Il faut concevoir de nouvelles institutions pour y remédier. Il propose dans cet esprit l'établissement d'une assemblée qui serait chargée exclusivement de cette fonction de diagnostic, à charge pour le Parlement et l'exécutif de définir et de mettre en oeuvre les solutions. À l'heure d'une élection présidentielle qui s'annonce particulièrement chargée d'incertitudes, voici une contribution éclairée et constructive au débat public.

  • Infantilisation

    Mathieu Laine

    Pourquoi la France est la seule grande démocratie au monde à avoir exigé, sauf à être verbalisé, de cocher une case pour tout « déplacement bref, dans la limite d'une heure quotidienne et dans un rayon maximal d'un kilomètre autour du domicile, liés soit à l'activité physique individuelle des personnes, à l'exclusion de toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d'autres personnes, soit à la promenade avec les seules personnes regroupées dans un même domicile, soit aux besoins des animaux de compagnie » ?
    Pourquoi la France est-elle le seul pays où une cellule interministérielle a eu à trier, en pleine crise sanitaire et face à la crise économique la plus dramatique depuis la deuxième guerre mondiale, entre les fours et les poêles, les pierrades et les tables de cuisson, les assiettes et le linge de maison, pour décider si ces biens étaient « essentiels » ou « non essentiels » afin de bâcher, par souci d'égalité, les rayons des supermarchés proposant ce que, comme Tartuffe face au sein de Dorine, l'État ne saurait voir ?
    Pourquoi la France, pays des Lumières, est l'un des seuls pays en Europe à avoir qualifié le livre de « produit non essentiel » au moment même où elle était à nouveau attaquée par l'obscurantisme ?
    Pourquoi la France, dont les dirigeants déclament régulièrement leur passion pour les territoires, finit toujours par donner à quelques-uns, à coups de décrets et de circulaires, le pouvoir de décider pour tout le monde, de manière unilatérale et verticale, sans jamais nous imaginer capables de décider par nous-mêmes ?
    On peut critiquer le pouvoir en place mais le mal est plus profond. Cette fièvre bureaucratique, technocratique et centralisatrice qui a, bien plus qu'ailleurs, frappé la France au moment de lutter contre la pandémie du Covid-19 ne fait que révéler notre propension malsaine, depuis des décennies et peut-être plus encore, à infantiliser les Français. Une infantilisation rampante, soutenue par une propension croissante de la population, par un État Nounou s'immisçant sans limite dans nos vies. Mais à trop nous étouffer, à trop nous contrôler, cette culture de la défiance nous éteint et nous brise.
    Ce court essai, comme un cri de liberté, invite à une vaste levée d'écrou. Pour respirer enfin. Pour récupérer ces pouvoirs qu'on nous a confisqués. Pour recouvrer, avec le goût du risque et l'envie de conquête, tout ce qui fait le sel et le bonheur de la vie. Puisse cette épreuve de réduction drastique de libertés dont on mésestimait parfois l'importance nous inviter à nous arracher aux fers en apparence confortables d'un État dont on attendrait tout. L'appel est d'importance. Car des barbelés peuvent finir par pousser le long des blancs barreaux d'un parc à bébé. Choisissons vraiment la Vie : parions sur la Liberté. Avant qu'il ne soit trop tard.

  • « Nous étions Q, dans James Bond. Et tellement plus... »Elles s'appellent Gabriele, Yola, Geneviève ou encore Ludmila. Huit femmes de l'ombre dont l'Histoire n'a pas retenu le nom, mais que Chloé Aeberhardt s'est employée à retrouver pendant cinq ans. De Paris à Washington en passant par Moscou et Tel-Aviv, cette enquête nous entraîne sur les pas des espionnes ayant oeuvré pour les principaux services de renseignements durant la guerre froide.Pénétration des cercles du pouvoir occidental par les agents soviétiques, traque d'anciens nazis en Amérique du Sud, exfiltration des Juifs falachas d'Éthiopie dans les années 1980 : ces professionnelles de la CIA, du KGB, du MI5, de la DST ou du Mossad racontent ici le rôle décisif qu'elles ont joué dans le conflit Est-Ouest.
    Entre mensonges et missions impossibles, loin du mythe de Mata Hari, la réalité dévoilée au fil de ces rencontres n'en finit pas de dépasser la fiction !

  • Le système politique mis au point par l'Allemagne hitlérienne et la Russie stalinienne ne consiste pas en une simple radicalisation des méthodes dictatoriales. C'est un système entièrement original qui repose sur la transformation des classes en masses, fait de la police le centre du pouvoir et met en oeuvre une politique étrangère visant ouvertement à la domination du monde. Animé par une logique de la déraison, il tend à la destruction complète de la société - comme de l'individu. Un classique de la théorie politique.

  • Libres et égaux en voix

    Julia Cagé

    • Fayard
    • 30 Septembre 2020

    Seule une démocratie accomplie pourra nous permettre de traverser les épreuves en cours et à venir. Cet essai décapant propose des solutions pour refonder notre système de représentation politique, pour enfin faire advenir une démocratie où la voix de tout le monde comptera.
    La démocratie n'existe pas. Elle reste à inventer.

    Loin d'être un refus de la politique, la crise actuelle de la démocratie représentative se manifeste par le combat de citoyens demandant davantage de démocratie, de participation et d'égalité.
    Libres et égaux en voix propose ainsi de donner une voix et des places à celles et ceux qui en ont été trop longtemps privés : les femmes, les classes populaires, les minorités. D'abord en repensant notre système électoral et en garantissant la représentation parmi les parlementaires de la réalité de la société. Ensuite en proposant un nouvel équilibre entre la démocratie représentative et un usage raisonné du référendum. Enfin en donnant aux citoyens les moyens de reprendre le contrôle des partis, des médias et de la philanthropie, afin de dessiner un nouvel horizon politique égalitaire.
    En tant que chercheuse et citoyenne, Julia Cagé renouvelle en profondeur la réflexion sur l'égalité politique dans un plaidoyer armé de propositions concrètes pour changer les règles du jeu politique. Nous pouvons faire mieux que le monde dans lequel nous vivons ; fini de rêver, voici venu le temps d'agir !

  • Ce livre est une présentation provocatrice et cynique des sept étapes qui permettent aux leaders populistes de passer du statut de «personnage ridicule» à celui d'«autocrate terrifiant».
    Ces sept étapes qui matérialisent le moment où une démocratie bascule dans une dictature, Ece Temelkuran les a identifiées dans son pays d'origine, la Turquie. Mais elle en observe aussi les prémices dans bien d'autres États, y compris des démocraties que nous pensions très solides : création de mouvements qui veulent s'adresser au «vrai peuple», bêtise érigée en moyen de communication, complotisme comme obscurantisme contemporain...
    La journaliste en exil, qui a observé ces dérives lors de ses nombreux déplacements dans le monde, développe l'idée d'un «mal de la banalité» qui devrait nous inciter à toujours rester vigilants pour éviter de basculer hors de la démocratie. Un livre salutaire pour qui veut voir le monde tel qu'il est, et non tel qu'on espère qu'il perdurera.

    1 autre édition :

  • " Ce livre constitue une tentative de compréhension de faits qui, au premier coup d'oeil, et même au second, semblaient simplement révoltants. Comprendre, toutefois, ne signifie pas nier ce qui est révoltant et ne consiste pas à déduire à partir de précédents ce qui est sans précédent ; ce n'est pas expliquer des phénomènes par des analogies et des généralités telles que le choc de la réalité s'en trouve supprimé. Cela veut plutôt dire examiner et porter en toute conscience le fardeau que les événements nous ont imposé, sans nier leur existence ni accepter passivement leur poids, comme si tout ce qui est arrivé en fait devait fatalement arriver. Comprendre, en un mot, consiste à regarder la réalité en face avec attention, sans idée préconçue, et à lui résister au besoin, quelle que soit ou qu'ait pu
    être cette réalité. " (Hannah Arendt)
    Sur l'antisémitisme est la première partie de l'oeuvre magistrale d'Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme (New York, 1951), qui inclut aussi L'Impérialisme (" Points Essais ", n° 356) et Le Système totalitaire (" Points Essais ", n° 307).

  • « Conversations secrètes » est à l'origine un podcast de Pierre Gastineau et Philippe Vasset dont le succès sur France Culture traduit l'immense passion française pour l'espionnage. Qui sont les espions d'aujourd'hui ? Comment les unités de renseignements mondiales sont-elles organisées ? Qu'est-ce qui différencie un espion français d'un espion anglais ou russe ? Les auteurs sont allés à la rencontre des maîtres de l'espionnage au Royaume-Uni, en Russie ou encore en Israël, et dressent dans ce livre une géographie originale et ludique du renseignement mondial.
    Les services de renseignement fascinent autant qu'ils souffrent d'une image d'un autre temps. Les films, séries et romans qui mettent en scène des agents secrets façonnent leur légende : ils apparaissent comme d'austères bureaucrates ou de charismatiques James Bond... autant de fantasmes éloignés de la réalité.

    Pierre Gastineau et Philippe Vasset sont allés à la rencontre des maîtres-espions des grandes puissances du renseignement et ont recueilli des témoignages encore inédits en France. Ces anciens agents de l'ombre de la DGSE, du MI6, de la CIA et autres services actifs sur la scène internationale racontent pour la première fois leur profession au quotidien et leurs rapports avec les gouvernants.

    Comment Donald Trump a-t-il sapé la relation de confiance entre la Maison Blanche et la communauté du renseignement ? Les espions sont-ils au pouvoir en Russie ? Pourquoi Xi Jinping a-t-il rénové l'appareil de renseignement chinois en quelques années ? Comment la littérature britannique, les séries françaises et le cinéma hollywoodien sont-ils devenus des outils pour attirer de jeunes recrues ? Autant de questions auxquelles ces « conversations secrètes » répondent en esquissant une géopolitique mondiale du pouvoir des espions.

  • La biographie complète du nouveau président des États-Unis.
    Le matin de l'élection, Joe Biden inscrit sur le mur de sa maison natale à Scranton, en Pennsylvanie : « De cette demeure jusqu'à la Maison Blanche, par la grâce de Dieu, 3 novembre 2020 », avant de signer. Cinq jours plus tard, tout juste déclaré vainqueur, son premier acte public est d'aller se recueillir sur la tombe de son fils Beau, décédé d'un cancer.
    Le 46e président des États-Unis n'oublie ni ses racines ni les épreuves qui ont émaillé sa vie et trempé son caractère. C'est son État de Pennsylvanie, son État d'origine, qui lui a donné la victoire - sur le fil. Enfant, il jouait des poings dans les rues de Scranton ; son caractère offensif lui a permis de résister à un Donald Trump déchaîné. Ayant rappelé cent fois les souffrances de sa vie, les Américains ont compris qu'il saurait les aider à traverser la pandémie.
    Cette biographie retrace tout l'itinéraire de Biden. Elle évoque les dernières semaines de campagne. Le contraste entre la stratégie discrète d'un Biden et les meetings tonitruants de Trump. La folle nuit de l'élection, qui durera quatre jours. Elle liste aussi les défis qui attendent le président élu, avec un pays plus divisé que jamais face aux crises sanitaire et économique.
    Sera-t-il à la hauteur ? À 77 ans, aura-t-il l'énergie pour sortir son pays de ce mauvais pas ? L'Amérique peut en tout cas compter sur son courage, son habileté et sa compassion : autant de qualités acquises sur le long chemin qui l'a mené de Scranton à la Maison Blanche.

  • En 2005, alors ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy fut le premier au monde à alerter sur la survenue prochaine d'une pandémie. Son rapport établissait, étape par étape, les procédures à appliquer pour enrayer la propagation d'un virus. Or, plutôt que de suivre ses principes d'anticipation, le gouvernement a géré le début de l'épidémie dans la plus grande improvisation, avec un temps de retard permanent. Faits et chiffres à l'appui, l'auteur démontre qu'en ne suivant pas l'exemple de pays tels l'Allemagne ou la Corée du Sud, qui ont pratiqué une politique de dépistage massif, la France a subi un taux de surmortalité parmi les plus importants au monde. Il dénonce l'hystérie collective suscitée par le traitement à l'hydroxy- chloroquine, la publication d'une fausse étude par la célèbre revue The Lancet, qui restera à ses yeux l'un des plus grands scandales scientifiques, ainsi que le rôle joué par les lobbies de tous ordres. Philippe Douste-Blazy plaide aussi pour une culture de la prévention à travers une véritable politique de santé publique, seul moyen d'empêcher les crises sanitaires à venir.

  • Nasser - archives secretes

    Nasser Hoda

    En vidant la maison familiale de Manchiyat el-Bakri, au Caire, Hoda Nasser a retrouvé les archives de son père, auxquelles personne n'avait touché depuis sa mort brutale, le 28 septembre 1970. Entremêlant ses souvenirs à ces documents, elle raconte l'étonnant destin de l'enfant des bas quartiers d' Alexandrie qui devint, en 1956, le président d'une Égypte libérée après soixante-dix ans de domination britannique. Chemin faisant, Hoda Nasser plonge le lecteur dans les coulisses de la grande Histoire vues par l'un des leaders majeurs du tiers-monde et du non-alignement, porteur d'un projet de libération des peuples qui rencontrait alors un immense écho à travers la planète.
    Les notes, les brouillons et les carnets de Nasser sont comme les instantanés d'une vie politique. Sous sa plume, on côtoie les personnalités de l'époque, notamment américaines et soviétiques ; on entrevoit les intrigues qui se jouent, comme les arcanes de la question yéménite, dans laquelle l'Arabie saoudite était déjà impliquée, ou la précarité du Koweït, que l'Irak tentait d'absorber dès cette époque. On perçoit, en outre, les espoirs de Nasser pour les Palestiniens, mais ses inquiétudes à leur sujet sont à la mesure du traumatisme qu'a constitué pour lui l'agression franco-angloisraélienne de 1956. Enfin, en annexe, on découvrira son Journal de guerre en Palestine, en 1948. Inédit, ce texte sans caractère officiel se révèle d'autant plus précieux que Nasser s'y exprime librement.

  • Cinq ans après les attentats qui ont ensanglanté la France - de la tuerie de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 aux massacres du Bataclan le 13 novembre 2015 - ce livre présente le premier récit de l'intérieur du processus qui a vu naître le jihadisme français parmi les « cités » enclavées des banlieues populaires et a mené ses activistes, en passant par le « califat » de Daech au Levant, jusqu'aux prisons de l'Hexagone.
    C'est en effet à partir de quatre-vingts entretiens avec des jihadistes incarcérés que Hugo Micheron a pu reconstituer la structuration des réseaux et des territoires du jihad. S'inscrivant en faux contre l'opinion commune qui fait du monde pénitentiaire une institution totalitaire coupée de la société, il analyse les interactions constantes entre celui-ci et les « quartiers ». Il montre comment la projection dans l'hyper-violence sur la « terre sainte du Châm » en Syrie et sur le territoire français est l'aboutissement d'un itinéraire qui démarre dans les cercles salafistes de Toulouse et Molenbeek dès la fin du siècle dernier. Il est scandé par les grands bouleversements des attentats du 11 Septembre 2001 aux États-Unis et les meurtres commis par Mohamed Merah en mars 2012, préludes à la proclamation du « califat » à Raqqa.
    Ces analyses, qui reposent sur la familiarité de l'auteur avec les banlieues populaires, sur sa connaissance des langue et culture arabes et de la Syrie, ainsi que son immersion pendant deux années dans le monde carcéral, ouvrent des perspectives totalement nouvelles.
    Elles permettent de comprendre pourquoi la majorité de la classe politique, des hauts fonctionnaires et beaucoup d'universitaires, n'ont eu du phénomène jihadiste qu'une lecture superficielle et inopérante - dont notre société a payé un prix particulièrement élevé. Elles ouvrent également la réflexion sur les pistes pour anticiper « l'après-Daech ».

  • « Ma voix va s'efforcer d'être celle des quarante ou cinquante millions de victimes dont la voix, en Europe centrale, est étouffée, étranglée. [...] Vous savez tous comment la tragédie a commencé. Ce fut quand surgit en Allemagne le national-socialisme, dont la devise fut dès le premier jour : étouffer. »Voyageur infatigable, passionné de littératures et de cultures étrangères, Stefan Zweig partageait avec les grands intellectuels de son temps un pacifisme actif et des rêves humanistes. Face à la montée du nazisme et à l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale, qui le contraignirent à l'exil et à l'errance, il n'eut de cesse de lutter contre l'effondrement de l'Europe.
     Articles, chroniques et essais inédits écrits par Stefan Zweig entre 1911 et 1942, autant de précieux fragments disparus ou encore oubliés qui reflètent l'actualité mouvante de toute une époque et nous font découvrir, à saut et à gambades, les ressorts intimes d'une écriture engagée.

  • Jamais dans l'histoire américaine, un candidat n'a passé plus de temps que lui en politique. Jamais une victoire n'a été plus attendue dans le monde entier... Joe Biden a été le plus jeune élu du Sénat fédéral en 1972. Il a connu des épreuves dramatiques, les a toutes dépassées et a trouvé la force de poursuivre son chemin jusqu'au sommet. Cette biographie, la plus complète en français à ce jour, va bien au-delà des épisodes évoqués par tous les médias comme la mort de sa femme en 1972 ou celle de son fils Beau en 2015.
    Riche en anecdotes et témoignages révélateurs, elle montre comment s'est forgé, dans l'adversité, le caractère résilient d'un jeune lycéen d'origine modeste, affligé de bégaiement ; comment tout jeune juriste il s'est engagé dans la défense des Noirs et des plus modestes. Pourquoi, tout jeune sénateur, il est vite devenu un personnage influent du parti démocrate. Ce récit dévoile aussi l'importance des femmes dans son parcours : ses conquêtes étudiantes, ses deux épouses, ses alliées connues ou restées dans l'ombre et enfin sa soeur, sa plus proche collaboratrice mais aussi une femme très influente...
    Sans oublier celle qu'il s'est choisi comme vice-présidente : Kamala Harris. Le récit ne cache rien des accidents de parcours dans lesquels l'équipe de Donald Trump a tenté de trouver une faille qui pourrait lui être fatale. Le parcours de Joe Biden est tellement ancré dans le rêve américain, fait de dépassement de soi, de résistance à la difficulté, que les Américains ont vu en lui un exemple. Biden inspire confiance.
    Mais saura-t-il réparer une Amérique bien mal en point après quatre années de Trump ?

  • Le portrait intime du fils chéri de l'Amérique.De John Fitzgerald Kennedy Junior, on connaît surtout une image célèbre : celle d'un petit garçon saluant militairement le cercueil de son père en novembre 1963, aux funérailles du plus populaire des présidents des États-Unis. Dès lors, il lui sera interdit d'imaginer avoir une existence normale.Les Américains ont chéri l'enfant, l'adolescent, l'homme - son style, sa décontraction, son charme. Comme un membre de leur famille, ils l'ont regardé grandir, élevé comme un fils ou aimé comme un frère. Ils ont rêvé de le voir un jour occuper le Bureau ovale. Héritier d'une légende, « l'homme le plus sexy de la planète » selon le magazine People se devait aux yeux du monde d'accomplir un destin à la mesure de JFK. Quand John trouva la mort, l'émotion fut immense. Les États-Unis perdaient leur prince. Olivier Royant, un ami.
    La disparition de cette icône des années 1990 a sonné le glas d'un certain « rêve américain ». Dans ce portrait intime, l'auteur revient sur le mythe Kennedy au seind'une époque aussi éblouissante que romanesque, et irrévocablement perdue.

    1 autre édition :

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