La vie dans les plis

La vie dans les plis

À propos

La séance de sac. Je crache sur ma vie. Je m'en désolidarise. Qui ne fait mieux que sa vie ? Cela commença quand j'étais enfant. Il y avait un grand adulte encombrant. Comment me venger de lui ? Je le mis dans un sac. Là je pouvais le battre à mon aise. Il criait, mais je ne l'écoutais pas. Il n'était pas intéressant. Cette habitude de mon enfance, je l'ai sagement gardée. Les possibilités d'intervention qu'on acquiert en devenant adulte, outre qu'elles ne vont pas loin, je m'en méfiais. À qui est au lit, on n'offre pas une chaise. Cette habitude, dis-je, je l'ai justement gardée, et jusqu'aujourd'hui gardée secrète. C'était plus sûr. Son inconvénient - car il y en a un - c'est que grâce à elle, je supporte trop facilement des gens impossibles. Je sais que je les attends au sac. Voilà qui donne une merveilleuse patience. [...]

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Rayons : Littérature générale > Poésie

  • EAN

    9782070325559

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    226 Pages

  • Longueur

    18 cm

  • Largeur

    11 cm

  • Épaisseur

    1 cm

  • Poids

    182 g

  • Distributeur

    Sodis

  • Support principal

    Poche

Infos supplémentaires : Broché  

Henri Michaux

Henri Michaux, né en 1899 à Namur, est un écrivain et peintre français d'origine belge. Après une scolarité chez les Jésuites, il abandonne ses études de médecine pour mener une brève vie de marin. Dès 1922, il se consacre pleinement à l'écriture, publie son premier texte, Cas de folie circulaire, et collabore activement à la revue d'avantgarde Le disque VERT. Il s'installe ensuite à Paris où il se lie avec Jules Supervielle et écrit ses premiers recueils notables, parmi lesquels Qui je fus (1927) et Mes Propriétés (1929). Il s'adonne à la peinture, activité qui prendra une importance grandissante au fil des ans, et voyage notamment en Amérique du Sud, en Asie, et en Espagne où il fait la rencontre de Salvador Dalì et André Masson. Ces voyages sont la matière d'Ecuador (1929) et d'Un Barbare en Asie (1933). Michaux fait sur le tard l'expérience de la mescaline et du LSD, qu'il intègre à son processus littéraire dans Misérable Miracle (1956) ou Connaissance par les gouffres (1961). Son oeuvre est un objet singulier dans la littérature du XXème siècle. Elle traverse les styles et les genres sans jamais se sédimenter, mêlant avec une agilité incomparable profondeur, absurde, intériorité et férocité dans une exploration souvent joyeuse de « l'espace du dedans ». Henri Michaux est mort d'un infarctus en 1984.

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