Oeuvres completes (tome 26)

Oeuvres completes (tome 26)

Résumé

«Je ne vais pas faire une conférence élégante et je ne vais pas faire une conférence. / Je ne sais pas parler, / quand je parle je bégaye parce qu'on me mange mes mots, / et pour manger il faut des bouches», voilà ce que pouvait écrire Antonin Artaud en préparant la conférence qu'il devait donner le 13 janvier 1947 au théâtre du Vieux-Colombier. Et il est vrai que cette «séance» où il voulait lire plusieurs de ses récents poèmes a été tout autre chose qu'une conférence. Les assistants qui se pressaient, très nombreux, dans cette salle où vingt-cinq ans auparavant il avait participé à la création, par la troupe de l'Atelier, de La vie est un songe de Calderón, semblent tous avoir été marqués par l'événement ; certains ont même trouvé insoutenable cette confrontation avec un homme qui s'exposait aussi totalement. Antonin Artaud, qui en présence de quelques amis était un si merveilleux lecteur, a paru, devant les spectateurs, éprouver la plus grande difficulté à lire les poèmes qu'il avait apportés : les feuillets lui échappaient, s'emmêlaient, tombaient sous la table. Et, après une interruption de quelques minutes, une fois revenu sur scène pour raconter l'histoire de sa vie, il ne parvint pas à lire le beau texte qu'il avait préparé et put tout juste, en donnant l'impression de souffrir intensément à chaque mot qu'il s'arrachait, faire le récit de quelques faits marquants de son existence. Pourtant, il avait attaché une importance extrême à cette conférence et depuis novembre il y travaillait sans relâche. Outre les trois cahiers qu'il avait apportés avec lui au Vieux-Colombier, il avait, les mois précédents, en même temps qu'il composait Suppôts et Suppliciations, rempli des pages et des pages en vue de cette «séance». Ces textes, même si quelques-uns se présentent comme une succession de notes à développer par la suite, nous racontent une histoire dont ils cherchent à nous faire toucher la profonde vérité et, pour cela, empruntent souvent le ton du récit. Leur ensemble nous a paru quelque chose de si particulier, de si bouleversant, que nous avons estimé souhaitable de les réunir dans ce tome XXVI sous le titre choisi par Antonin Artaud pour annoncer sa reprise de contact avec le public.

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  • EAN 9782070718351
  • Disponibilité Disponible
  • Nombre de pages 343 Pages
  • Longueur 21 cm
  • Largeur 14 cm
  • Épaisseur 2 cm
  • Poids 314 g
  • Distributeur Sodis

Rayon(s) : Littérature générale > Romans & Nouvelles

Antonin Artaud

1896-1948 Antonin Artaud est né à Marseille dans le milieu aisé de la bourgeoisie. Son enfance est perturbée par des troubles nerveux que l'on attribue à une méningite. La douleur physique ne le quittera plus, malgré des séjours répétés en maison de santé. ÿEn 1920, il arrive à Paris et se met à écrire. Son premier recueil est refusé par l'éditeur Jacques Rivière et une correspondance commence entre eux: Artaud lui explique que son écriture est une lutte contre la pensée qui l'abandonne, le néant qui l'envahit. Rivière publiera leurs lettres dans La Nouvelle Revue française.ÿLe poète devient un moment le directeur de la "Centrale du bureau des recherches surréalistes". Au cours de cette période, il écrira des scénarios de films et des poèmes en prose.ÿIl est aussi acteur chez Dullin où il dessine les costumes et les décors; puis, à la Comédie des Champs Elysées, chez J. Hébertot. Au cinéma, il est, entre autre, Marat dans le Napoléon d'Abel Gance.ÿSurtout, il fonde avec Roger Vitrac Le Théâtre A.Jarry et de 1927 à 1929, il y monte quatre spectacles, dont Victor ou les Enfants au pouvoir. Suivent les textes et manifestes réunis dans Le Théâtre et son double. L'action au théâtre "révélant à des collectivités leur puissance sombre, leur face cachée, les incite à prendre en face du destin une attitude héroïque et supérieure qu'elles n'auraient jamais eu sans cela". (Le Théâtre et la peste). Tel est le but du "Théâtre de la cruauté".ÿEn 1936, Artaud part pour le Mexique et se rend à cheval chez les Tarahumaros pour y trouver "l'antique culture solaire"...et du peyotl. Cette quête, écrira Sollers, est "la phase capitale de sa lutte pour faire renaître un corps dans la pensée".ÿUn an plus tard, à son retour forcé d'Irlande, il sera interné pour avoir dépassé les limites établies de la marginalité. Cinquante-deux électrochocs vont achever de le briser physiquement. Au bout de dix ans, ses amis obtiennent qu'il sorte de l'asile de Rodez mais il est atteint d'un cancer diagnostiqué trop tard et meurt le 4 mars 1948.ÿHypnotisé de sa propre misère, où il a vu celle de l'humanité entière, Artaud a rejeté avec violence les refuges de la foi et de l'art. Il a voulu incarner ce mal, en vivre la totale passion, pour trouver, au coeur du néant, l'extase. Cri de la chair souffrante et de l'esprit aliéné en un homme qui se veut tel, voilà le témoignage de ce génie.ÿ"Nous ne sommes pas libres. Et le ciel peut encore nous tomber sur la tête. Et le théâtre est fait pour nous apprendre d'abord cela." (A. Artaud)

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